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Les questions interdites en entretien — et par quoi les remplacer

La règle tient en une phrase : vous ne pouvez demander que ce qui présente un lien direct et nécessaire avec l’emploi proposé ou l’évaluation des aptitudes professionnelles. Tout le reste est hors sujet, et une partie est illégale. Le problème pratique n’est pas de connaître la règle mais de savoir quoi demander à la place — c’est l’objet de cette page.

Chiffres vérifiés le 10 août 2026.

Le seul critère de licéité d’une question
Lien direct
Fondement dans le code du travail
Art. L. 1221-6
Critères de discrimination prohibés
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Quelle est la règle générale sur les questions en entretien ?

L’article L. 1221-6 du code du travail pose le principe : les informations demandées à un candidat ne peuvent avoir pour finalité que d’apprécier sa capacité à occuper l’emploi proposé ou ses aptitudes professionnelles. Elles doivent présenter un lien direct et nécessaire avec l’emploi ou l’évaluation de ces aptitudes.

Le candidat est tenu d’y répondre de bonne foi. La symétrie est importante : la loyauté qui lui est demandée porte sur les questions licites. À une question qui ne l’est pas, il n’est pas tenu de répondre exactement — et l’employeur ne pourra pas lui reprocher ensuite une réponse inexacte.

S’ajoute l’article L. 1132-1, qui interdit d’écarter un candidat sur le fondement de critères prohibés : origine, sexe, situation de famille, grossesse, apparence physique, état de santé, handicap, âge, opinions politiques, activités syndicales, convictions religieuses, orientation sexuelle, lieu de résidence, entre autres. Une question portant sur l’un de ces critères crée à elle seule une présomption.

Quelles questions sont interdites, et par quoi les remplacer ?

La colonne de droite est la seule qui compte en pratique : elle donne la formulation qui obtient l’information réellement utile, sans porter sur un critère prohibé.

Question à proscrirePourquoiLa question à poser à la place
Avez-vous des enfants ? Comptez-vous en avoir ?Situation de famille et grossesse : critères prohibés« Le poste implique des horaires en soirée. Est-ce compatible avec vos contraintes ? »
Êtes-vous marié, pacsé, en couple ?Situation de familleAucune — l’information n’a pas de lien avec l’emploi
Quelle est votre nationalité ? Vos origines ?Origine : critère prohibé« Disposez-vous d’une autorisation de travail en France ? » — seule question licite et nécessaire
Quel est votre état de santé ? Avez-vous été en arrêt ?État de santé : réservé au médecin du travail« Le poste implique le port de charges. Y voyez-vous une difficulté ? » — l’aptitude relève du médecin
Avez-vous une reconnaissance de travailleur handicapé ?Handicap : la déclaration appartient au candidat« Avez-vous besoin d’un aménagement pour l’entretien ou pour le poste ? »
Quel âge avez-vous ? Quand partez-vous à la retraite ?Âge : critère prohibé« Quelle expérience avez-vous de ce type de mission ? »
Êtes-vous syndiqué ? Pour qui votez-vous ?Activité syndicale et opinions politiquesAucune
Quelle est votre religion ? Faites-vous le ramadan ?Convictions religieuses« Les contraintes du poste sont les suivantes. Pouvez-vous les assurer ? »
Où habitez-vous exactement ?Lieu de résidence : critère prohibé« Le poste est à telle adresse, avec telle amplitude horaire. Cela vous convient-il ? »
Combien gagnez-vous actuellement ?Pratique visée par la directive européenne« Quelles sont vos attentes de rémunération pour ce poste ? »

Les critères de discrimination prohibés sont énumérés par l’article L. 1132-1 du code du travail. Cette liste est indicative et n’épuise pas les situations : le test reste celui du lien direct et nécessaire avec l’emploi.

Que peut-on légitimement demander à un candidat ?

Tout ce qui touche à la capacité d’occuper le poste : parcours professionnel, compétences, diplômes et titres exigés, habilitations, permis nécessaires à l’exercice, disponibilité, attentes de rémunération, mobilité au regard des contraintes réelles du poste.

Les contraintes du poste peuvent et doivent être exposées : horaires, déplacements, port de charges, travail en extérieur, astreintes. La bonne pratique consiste à les énoncer puis à demander au candidat s’il peut les assurer — plutôt que de chercher à deviner sa situation personnelle pour en déduire une réponse.

Pour un candidat étranger, la seule question nécessaire porte sur l’existence d’une autorisation de travail, jamais sur la nationalité ou l’origine. La vérification s’effectue ensuite selon une procédure encadrée. Voir vérifier un titre de séjour avant l’embauche et recruter un travailleur étranger.

Enfin, les vérifications documentaires — diplôme, permis, habilitation — sont licites dans la limite de ce qu’exige le poste. Voir comment vérifier un diplôme ou une habilitation.

Comment construire une trame d’entretien conforme ?

Cinq étapes. La trame écrite est aussi la meilleure protection : elle prouve que tous les candidats ont été interrogés sur les mêmes points.

  1. Partir des exigences réelles du poste — Listez ce qui est indispensable, puis ce qui est souhaitable. Voir rédiger une fiche de poste.
  2. Traduire chaque exigence en une question sur l’aptitude — Non pas « avez-vous des enfants » mais « les horaires sont ceux-ci, pouvez-vous les assurer ».
  3. Exposer les contraintes avant de questionner — Le candidat répond alors sur du concret, et vous n’avez pas à supposer sa situation.
  4. Utiliser la même trame pour tous les candidats — C’est ce qui rend la comparaison possible et la sélection défendable.
  5. Conserver une trace des critères ayant fondé la décision — En cas de réclamation, la charge de la preuve est aménagée. Voir comment se prouve une discrimination.

Que risque un employeur qui pose une question interdite ?

Le risque ne vient pas de la question isolée mais de ce qu’elle établit. Une question portant sur un critère prohibé, si elle est établie, fait présumer que la décision de ne pas embaucher repose sur ce critère : il appartient alors à l’employeur de démontrer que sa décision était fondée sur des éléments objectifs étrangers à toute discrimination.

Or cette démonstration est difficile a posteriori si rien n’a été formalisé. C’est la raison pratique — bien plus que la crainte de la sanction — pour laquelle une trame écrite et des critères tracés changent tout.

Les sanctions encourues relèvent à la fois du droit civil (dommages et intérêts) et du droit pénal en matière de discrimination. Le détail figure sur notre page consacrée à la preuve et aux sanctions.

Que peut-on demander à un candidat étranger ?

Une seule chose : s’il dispose d’une autorisation de travail en France, ou s’il est en mesure d’en obtenir une. La nationalité, l’origine, la date d’arrivée en France ou le parcours migratoire ne présentent aucun lien avec l’aptitude professionnelle et relèvent de critères prohibés.

Cette question unique est en revanche non seulement licite mais nécessaire, puisque l’employeur est tenu de vérifier, auprès de l’administration et avant l’embauche, l’existence du titre autorisant à travailler. La procédure et son délai sont décrits sur la vérification du titre avant l’embauche, et les conséquences d’un manquement sur les sanctions de l’emploi d’un étranger sans titre.

Attention à ne pas confondre les statuts, car ils n’emportent pas les mêmes obligations : un ressortissant de l’Union européenne n’a pas besoin d’autorisation de travail, un étudiant étranger travaille dans une limite horaire, et certains titres dispensent de toute démarche. Voir le cas d’un ressortissant de l’Union européenne, le cas de l’étudiant étranger et les titres de séjour ouvrant droit au travail.

À emporter

La trame d’entretien conforme, à copier

Cinq blocs, dans cet ordre. Aucune question ne porte sur un critère prohibé, et l’ensemble couvre ce qu’il faut savoir pour décider.

1. PRÉSENTATION DU POSTE (vous parlez)
   — Missions réelles, dans l'ordre de leur fréquence
   — Horaires exacts, amplitude, astreintes éventuelles
   — Contraintes physiques et environnement de travail
   — Rémunération : fourchette brute, primes, avantages
   — Perspectives : formation, évolution

2. PARCOURS ET COMPÉTENCES
   — « Décrivez-moi une mission de ce type que vous avez menée. »
   — « Quelles sont les difficultés que vous y avez rencontrées ? »
   — « Quels outils / techniques maîtrisez-vous ? »

3. TITRES, DIPLÔMES ET HABILITATIONS EXIGÉS PAR LE POSTE
   — « Détenez-vous [habilitation / permis / diplôme requis] ? »
   — « Disposez-vous d'une autorisation de travail en France ? » (si applicable)

4. COMPATIBILITÉ AVEC LES CONTRAINTES ÉNONCÉES
   — « Les horaires que je viens de décrire sont-ils compatibles avec votre organisation ? »
   — « Le poste implique [port de charges / déplacements]. Y voyez-vous une difficulté ? »
   — « Avez-vous besoin d'un aménagement, pour l'entretien ou pour le poste ? »

5. DISPONIBILITÉ ET ATTENTES
   — « À partir de quand seriez-vous disponible ? »
   — « Quelles sont vos attentes de rémunération pour ce poste ? »

À REMPLIR APRÈS L'ENTRETIEN — critères de décision
   — Points forts au regard des exigences du poste :
   — Points d'écart :
   — Décision et motif objectif :

Cette trame est un modèle général : adaptez les blocs 2 et 3 aux exigences réelles de votre poste. Le bloc final n’est pas une formalité — c’est lui qui rend la décision défendable.

Vérifier à la source

Les barèmes et les textes évoluent. Ces liens mènent directement aux pages officielles qui font foi.

Questions fréquentes

Quelle est la règle générale sur les questions en entretien ?
L’article L. 1221-6 du code du travail n’autorise que les informations présentant un lien direct et nécessaire avec l’emploi proposé ou l’évaluation des aptitudes professionnelles. L’article L. 1132-1 interdit par ailleurs d’écarter un candidat sur le fondement de critères prohibés.
Quelles questions sont interdites, et par quoi les remplacer ?
Sont à proscrire les questions sur les enfants, la situation de famille, la nationalité ou l’origine, l’état de santé, le handicap, l’âge, les opinions et convictions, le lieu de résidence et le salaire actuel. Chacune se remplace par une question sur la compatibilité avec les contraintes réelles du poste, énoncées au préalable.
Que peut-on légitimement demander à un candidat ?
Le parcours professionnel, les compétences, les diplômes et habilitations exigés par le poste, les permis nécessaires, la disponibilité, les attentes de rémunération, et la compatibilité avec les contraintes du poste dès lors qu’elles ont été exposées. Pour un candidat étranger, la seule question nécessaire porte sur l’autorisation de travail.
Comment construire une trame d’entretien conforme ?
Partir des exigences réelles du poste, traduire chacune en une question sur l’aptitude, exposer les contraintes avant de questionner, utiliser la même trame pour tous les candidats, et conserver une trace des critères ayant fondé la décision.
Que risque un employeur qui pose une question interdite ?
Une question portant sur un critère prohibé fait présumer que la décision repose sur ce critère : il revient alors à l’employeur de démontrer qu’elle était fondée sur des éléments objectifs. Sans trame écrite ni critères tracés, cette démonstration est difficile a posteriori.

Sources & transparence

Page mise à jour le 10 août 2026 Pour toute évolution réglementaire postérieure, vérifiez les sources primaires officielles.

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