Espace employeurs · ObjectiFrance

La RGDU : ce qui a changé pour vos cotisations au 1ᵉʳ janvier 2026

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, trois dispositifs d’allègement de cotisations patronales ont fusionné en un seul : la réduction générale dégressive unique. Le changement le plus visible pour un employeur est le point de sortie, passé de 1,6 SMIC à 3 SMIC : des postes qualifiés jusque-là exclus de tout allègement y entrent désormais. Voici l’avant/après, le calcul du coefficient et les trois conséquences pratiques.

Chiffres vérifiés le 13 septembre 2026.

Point de sortie (contre 1,6 avant)
3 SMIC
Coefficient max sous 50 salariés
0,3981
Coefficient max au-delà
0,4021
Déposer une offreÊtre rappelé

Recrutement à l’étranger géré · candidat 100 % gratuit.

Qu’est-ce que la RGDU ?

La réduction générale dégressive unique est l’allègement de cotisations patronales applicable depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 à toute rémunération inférieure à 3 SMIC. Elle est maximale au niveau du salaire minimum et décroît ensuite jusqu’à s’annuler au point de sortie. Elle s’applique automatiquement par la paie et la déclaration sociale nominative : aucune demande n’est à formuler.

Elle résulte de la loi n° 2025-199 du 28 février 2025 (LFSS 2025, article 18), précisée par le décret n° 2025-887 du 4 septembre 2025. Elle remplace trois mécanismes qui coexistaient jusqu’au 31 décembre 2025 : la réduction générale dégressive dite « réduction Fillon », le taux réduit de cotisation d’assurance maladie et le taux réduit d’allocations familiales.

Le terme « unique » n’est pas décoratif : l’intérêt de la réforme est d’avoir substitué un calcul unique à trois calculs superposés, chacun avec son propre seuil. Pour un service de paie, c’est une simplification réelle. Pour un employeur, c’est surtout un changement de barème qu’il faut répercuter dans ses budgets.

Qu’est-ce qui a changé exactement par rapport à 2025 ?

L’avant/après, dispositif par dispositif. La colonne de droite est celle qui s’applique à toutes vos paies depuis janvier 2026.

DispositifJusqu’au 31 décembre 2025Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026
Réduction générale dégressiveApplicable jusqu’à 1,6 SMIC (ancien barème)Absorbée par la RGDU, applicable jusqu’à 3 SMIC
Taux réduit de cotisation maladieTaux abaissé entre 1 et 2,5 SMICSupprimé — intégré à la RGDU
Taux réduit d’allocations familialesTaux abaissé entre 1 et 3,5 SMICSupprimé — intégré à la RGDU
Nombre de calculs à effectuerTrois, avec trois seuils distinctsUn seul, avec un point de sortie unique
Coefficient maximalPropre à chaque dispositif0,3981 sous 50 salariés · 0,4021 au-delà

Les paramètres 2026 sont fixés par voie réglementaire et peuvent être ajustés. Vérifiez le coefficient applicable sur urssaf.fr avant tout calcul engageant.

Comment se calcule le coefficient de la RGDU ?

Le coefficient dépend de trois éléments : le rapport entre le SMIC annuel et la rémunération annuelle brute du salarié, l’effectif de l’entreprise, et votre taux de cotisation accident du travail. Le coefficient maximal — atteint au niveau du SMIC — est de 0,3981 pour les entreprises de moins de 50 salariés et de 0,4021 pour les autres.

Ce coefficient s’applique ensuite à la rémunération brute annuelle pour donner le montant de l’allègement. Plus la rémunération s’éloigne du SMIC, plus le coefficient diminue, jusqu’à devenir nul au point de sortie. C’est un calcul annuel régularisé mensuellement, ce qui explique les écarts qu’on observe d’un mois sur l’autre sur un salarié à rémunération variable.

Le point technique à retenir : l’assiette est la rémunération brute au sens de la sécurité sociale, primes comprises. Une prime exceptionnelle augmente donc l’assiette, éloigne du SMIC et réduit mécaniquement le coefficient. C’est la raison pour laquelle une prime de partage de la valeur peut coûter plus qu’elle ne paraît — voir l’arbitrage PPV ou augmentation.

Pour obtenir le montant exact applicable à votre entreprise, passez par le simulateur officiel de l’URSSAF : aucun calcul générique ne peut intégrer votre taux accident du travail réel.

Quelles sont les conséquences pratiques pour un employeur ?

Quatre effets concrets, du plus immédiat au plus stratégique. Le premier est une vérification à faire dès aujourd’hui.

  1. Vérifier que votre logiciel de paie a bien basculé — C’est la première source d’erreur constatée en 2026. Un paramétrage resté sur l’ancien barème produit un allègement faux, donc un risque de redressement. Contrôlez une paie de janvier et une paie de juin.
  2. Abandonner l’ancien seuil de 1,6 SMIC dans votre politique salariale — Beaucoup d’entreprises avaient calé leur grille pour ne pas « sortir » de l’allègement. Cette contrainte n’existe plus : la marge d’augmentation sans perte totale d’allègement s’étend désormais jusqu’à 3 SMIC.
  3. Recalculer le coût des postes intermédiaires — Les postes rémunérés entre 1,6 et 3 SMIC — techniciens, chefs d’équipe, encadrants de proximité — étaient exclus de l’allègement. Ils y entrent. Leur coût réel a baissé, ce qui change les arbitrages de structure.
  4. Anticiper l’effet des primes sur l’assiette — Toute prime soumise à cotisations augmente l’assiette et réduit le coefficient. Un versement exceptionnel doit être arbitré au regard de cet effet, pas seulement de son coût facial.
  5. Conserver les justificatifs de calcul — La réduction générale est l’un des postes les plus contrôlés. Voir ce que vérifie l’URSSAF sur les embauches.

La RGDU se cumule-t-elle avec les autres aides ?

Oui avec les primes forfaitaires, non avec les exonérations portant sur les mêmes cotisations. La règle est celle de l’assiette : deux dispositifs qui n’agissent pas sur la même base se cumulent ; deux exonérations qui se recouvrent ne se cumulent pas, et l’on applique alors la plus favorable.

En pratique, la RGDU se combine sans difficulté avec l’aide à l’embauche d’un apprenti et avec les aides de l’AGEFIPH, qui sont des primes et non des exonérations. Elle se combine également avec la préparation opérationnelle à l’emploi, qui intervient avant le contrat. Le panorama complet est sur la page des aides à l’embauche 2026.

En revanche, certains dispositifs d’exonération spécifiques — zones, secteurs particuliers — peuvent être exclusifs de la RGDU. Dans ce cas, il faut comparer les deux et retenir le plus avantageux, ce qui suppose de faire le calcul chaque année, les paramètres évoluant.

Ce que la RGDU ne change pas

La RGDU s’applique-t-elle à un salarié étranger ?

Oui, intégralement. La réduction générale dégressive unique est un allègement assis sur la rémunération, sans condition de nationalité : dès lors que le salarié est régulièrement employé et déclaré, l’employeur en bénéficie dans les mêmes conditions que pour tout autre salarié.

La condition, c’est la régularité de l’emploi. Un employeur qui emploie un étranger sans titre l’autorisant à travailler s’expose non seulement aux sanctions propres à cette infraction, mais aussi à l’annulation des exonérations appliquées sur la période — la perte de l’allègement s’ajoutant alors au redressement. Voir la vérification du titre avant l’embauche et les sanctions de l’emploi d’un étranger sans titre.

C’est pourquoi la vérification préalable du titre auprès de l’administration n’est pas une formalité administrative parmi d’autres : elle conditionne la sécurité de tout votre calcul de cotisations. Voir également le contrôle de la main-d’œuvre étrangère et, pour la vue d’ensemble de la procédure, recruter un travailleur étranger.

À emporter

Les six vérifications RGDU à faire dans votre entreprise

À passer une fois, idéalement avec votre gestionnaire de paie. Les deux premières lignes sont celles qui produisent des redressements.

  • Le logiciel de paie applique bien le barème 2026 — contrôler une paie de janvier et une paie postérieure au 1ᵉʳ juin.
  • Le bon coefficient d’effectif est retenu — 0,3981 sous 50 salariés, 0,4021 au-delà — l’effectif se calcule selon les règles de la sécurité sociale.
  • Le taux accident du travail utilisé est le vôtre — et non un taux moyen de branche.
  • Les salariés entre 1,6 et 3 SMIC sont bien inclus — c’est la population nouvellement éligible, souvent oubliée.
  • Les primes sont bien intégrées à l’assiette — toute prime soumise à cotisations modifie le coefficient.
  • Les justificatifs de calcul sont archivés — ils seront demandés en cas de contrôle URSSAF.

Vérifier à la source

Les barèmes et les textes évoluent. Ces liens mènent directement aux pages officielles qui font foi.

Ressource employeur gratuite

Recevez le mémo RGDU 2026 pour votre gestionnaire de paie

Une page : l’avant/après, les coefficients, les six vérifications à faire et les erreurs de paramétrage constatées cette année.

  • Le tableau avant/après des trois dispositifs fusionnés
  • Les coefficients par tranche d’effectif
  • Les erreurs de bascule les plus fréquentes en 2026

Vos données sont traitées selon notre politique de confidentialité. Aucun engagement.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la RGDU ?
L’allègement de cotisations patronales applicable depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 à toute rémunération inférieure à 3 SMIC. Maximal au niveau du SMIC, il décroît jusqu’à s’annuler au point de sortie et s’applique automatiquement via la paie et la DSN, sans démarche.
Qu’est-ce qui a changé exactement par rapport à 2025 ?
Trois dispositifs ont fusionné : l’ancienne réduction générale (jusqu’à 1,6 SMIC), le taux réduit maladie et le taux réduit d’allocations familiales. Le point de sortie unique est désormais fixé à 3 SMIC, et un seul calcul remplace les trois précédents.
Comment se calcule le coefficient de la RGDU ?
Il dépend du rapport entre SMIC annuel et rémunération brute annuelle, de l’effectif et de votre taux accident du travail. Le coefficient maximal est de 0,3981 sous 50 salariés et de 0,4021 au-delà. L’assiette étant la rémunération brute primes comprises, toute prime réduit le coefficient.
Quelles sont les conséquences pratiques pour un employeur ?
Vérifier la bascule du logiciel de paie, abandonner l’ancien seuil de 1,6 SMIC dans la politique salariale, recalculer le coût des postes entre 1,6 et 3 SMIC qui deviennent éligibles, anticiper l’effet des primes sur l’assiette et archiver les justificatifs de calcul.
La RGDU se cumule-t-elle avec les autres aides ?
Oui avec les primes forfaitaires — apprentissage, AGEFIPH — car elles n’agissent pas sur la même assiette, et avec la POEI qui intervient avant le contrat. Non avec une exonération portant sur les mêmes cotisations : on applique alors la plus favorable des deux.

Sources & transparence

Page mise à jour le 13 septembre 2026 — relue le 10 août 2026 Pour toute évolution réglementaire postérieure, vérifiez les sources primaires officielles.

Un poste à pourvoir ? Déposez votre offre gratuitement.

Déposez votre offre, recevez des candidats qualifiés et présélectionnés — ObjectiFrance gère même le recrutement à l’étranger pour les métiers en tension. Et côté candidat, c’est 100 % gratuit : des profils motivés, jamais retenus par un coût.

Une question avant de vous lancer ? Réponse sous 48 h ouvrées : contact@objectifrance.com.