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Faudra-t-il afficher le salaire dans vos offres d’emploi ?

Oui, à terme. La directive (UE) 2023/970 du 10 mai 2023 impose d’indiquer la rémunération ou la fourchette de rémunération dès l’offre d’emploi, et interdit de demander à un candidat son salaire actuel ou passé. Son échéance de transposition — le 7 juin 2026 — n’a pas été tenue en France ; le texte national est attendu. Voici ce que la directive contient, où en est sa transposition, et ce qu’il est utile de faire dès maintenant.

Chiffres vérifiés le 10 août 2026.

Échéance de transposition (non tenue)
7 juin 2026
Seuil du reporting sur les écarts
100 salariés
Écart injustifié déclenchant une correction
5 %
Déposer une offreÊtre rappelé

Recrutement à l’étranger géré · candidat 100 % gratuit.

Que prévoit la directive sur la transparence des rémunérations ?

La directive (UE) 2023/970 du 10 mai 2023 vise à renforcer l’application du principe d’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes pour un même travail ou un travail de même valeur. Elle agit par la transparence, à trois moments : avant le recrutement, pendant la relation de travail, et en cas de contentieux.

Avant le recrutement, elle impose deux choses. D’une part, l’employeur doit informer le candidat de la rémunération ou de la fourchette de rémunération du poste, dès l’offre d’emploi ou avant l’entretien — et non plus au moment de la négociation. D’autre part, il lui est interdit de demander au candidat son niveau de rémunération actuel ou antérieur.

Pendant la relation de travail, les salariés obtiennent un droit d’information sur les niveaux de rémunération moyens par catégorie de postes de même valeur, ventilés par sexe. Les entreprises d’au moins 100 salariés sont soumises à un reporting périodique des écarts.

En cas de contentieux enfin, la charge de la preuve est aménagée en défaveur de l’employeur : c’est à lui d’établir la conformité de ses pratiques salariales, et non au salarié de prouver la discrimination.

Où en est la transposition en France ?

État au 10 août 2026. C’est l’information la plus recherchée et la moins disponible : la plupart des contenus en ligne annoncent encore l’échéance initiale comme si elle avait été tenue.

ÉtapeStatutCe que ça signifie pour vous
Adoption de la directive10 mai 2023 — faitLe contenu des obligations est connu et stable
Échéance de transposition7 juin 2026 — non tenueLes obligations ne sont pas encore directement applicables en droit français
Loi de transposition françaiseAttendue — travaux annoncés pour la rentrée 2026Le calendrier définitif et les seuils exacts restent à confirmer
Obligations à l’embaucheEntrée en vigueur avec la loi de transpositionAnticipable dès maintenant sans risque
Reporting des écarts (≥ 100 salariés)Échelonné après transpositionÀ préparer sur le plan des données RH

Un retard de transposition n’efface pas l’obligation : il la décale. Les entreprises qui auront anticipé n’auront rien à faire le jour de l’entrée en vigueur.

Peut-on encore demander son salaire actuel à un candidat ?

En droit français, tant que la transposition n’est pas intervenue, aucune interdiction spécifique ne s’applique. Mais la question mérite d’être posée autrement : est-ce utile, et est-ce sans risque ?

Sur l’utilité, la réponse est douteuse. Le salaire antérieur d’un candidat ne dit rien de la valeur du poste que vous ouvrez : il reflète son employeur précédent, son secteur, sa région et son historique de négociation. Fonder une proposition dessus revient à importer chez vous les écarts de rémunération constitués ailleurs — ce que la directive cherche précisément à empêcher.

Sur le risque, il existe déjà : une pratique salariale qui reproduit systématiquement des écarts entre profils comparables peut être discutée sur le terrain de la discrimination, indépendamment de la directive. Voir comment se prouve une discrimination à l’embauche et les questions interdites en entretien.

La pratique conforme, et de toute façon plus efficace, consiste à fixer la rémunération à partir du poste : niveau de responsabilité, compétences requises, conditions de travail, grille interne et minimum conventionnel. Voir la grille de coût par tranche de salaire.

Comment se préparer dès maintenant ?

Cinq actions, toutes utiles indépendamment du calendrier de transposition. Les deux premières améliorent immédiatement vos recrutements.

  1. Afficher la fourchette de rémunération dans vos offres — C’est le premier facteur de candidature. Voir la structure d’annonce qui fait candidater : une offre sans salaire est massivement ignorée.
  2. Cesser de demander l’historique salarial — Remplacez la question par « quelles sont vos attentes de rémunération pour ce poste ? », qui est autorisée et plus pertinente.
  3. Formaliser vos critères de fixation des salaires — Compétences, responsabilités, expérience exigée, conditions de travail. C’est ce que vous devrez être en mesure de communiquer.
  4. Cartographier vos postes « de même valeur » — La notion est centrale dans la directive et ne recoupe pas l’intitulé de poste. Un travail préparatoire de classification évite d’avoir à l’improviser.
  5. Mesurer vos écarts avant qu’on vous les demande — Un écart injustifié supérieur à 5 % devra être corrigé. Le mesurer tôt laisse le temps de l’expliquer ou de le résorber. Voir l’index de l’égalité professionnelle.

Afficher le salaire fait-il fuir les candidats ou les attire-t-il ?

Il les attire, et il les trie. Une offre sans salaire oblige le candidat à investir du temps — postuler, échanger, se déplacer — avant de savoir si le poste est envisageable pour lui. Beaucoup ne le font pas, en particulier ceux qui sont déjà en poste et n’ont pas de raison de prendre ce risque.

Le second effet, plus intéressant, est le tri : afficher la fourchette écarte les candidatures hors budget des deux côtés. Vous recevez moins de candidatures, mais une proportion plus élevée de candidatures traitables — ce qui réduit directement le poste le plus lourd de votre budget de recrutement, le temps interne. Voir les six postes de coût d’un recrutement.

La crainte la plus fréquente porte sur l’effet en interne : que les salariés déjà en poste découvrent la fourchette. C’est un sujet réel, mais il ne disparaîtra pas — la directive organise précisément ce droit à l’information. Mieux vaut traiter l’écart maintenant, quand on choisit le moment, que sous la contrainte d’une demande individuelle.

Ce que la directive ne change pas

Quel effet sur le recrutement international ?

Un effet positif et immédiat. Une offre qui affiche sa rémunération est immédiatement lisible par un candidat qui ne connaît ni votre secteur, ni vos grilles, ni le niveau de vie de votre région — c’est-à-dire précisément la situation d’un candidat qui postule depuis l’étranger.

Cela recoupe une exigence de la procédure : la rémunération proposée est examinée lors de l’instruction de la demande d’autorisation de travail, et elle doit être conforme au minimum conventionnel du poste. Une offre déjà chiffrée est donc une offre dont le dossier sera plus simple à constituer. Voir la demande d’autorisation de travail et la checklist du dossier d’autorisation de travail.

C’est enfin le meilleur moyen d’éviter le malentendu le plus classique du recrutement international, celui du brut et du net. Annoncer les deux ordres de grandeur épargne une déception à l’arrivée. Voir recruter un travailleur étranger et, si votre métier figure sur la liste, la liste des métiers en tension région par région.

À emporter

La checklist de préparation à la transparence salariale

Six points. Aucun ne nécessite d’attendre la loi française, et tous améliorent le recrutement dès aujourd’hui.

  • Les offres publiées indiquent une fourchette de rémunération — brut mensuel ou annuel, en précisant lequel.
  • La question du salaire actuel a disparu du process — des trames d’entretien comme des formulaires de candidature.
  • Les critères de fixation des salaires sont écrits — compétences, responsabilités, expérience, conditions de travail.
  • Les postes de même valeur sont identifiés — la notion dépasse l’intitulé de poste.
  • Les écarts de rémunération sont mesurés — par catégorie et par sexe.
  • Les écarts non justifiés font l’objet d’un plan — un écart supérieur à 5 % devra être corrigé.

Vérifier à la source

Les barèmes et les textes évoluent. Ces liens mènent directement aux pages officielles qui font foi.

Ressource employeur gratuite

Recevez la checklist « transparence salariale » prête à appliquer

Les six points à mettre en place avant l’entrée en vigueur, et les formulations d’offre conformes à la directive.

  • La mention de rémunération conforme, prête à copier
  • Les questions d’entretien à remplacer, avec leur substitut
  • La méthode de repérage des postes de même valeur

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Questions fréquentes

Que prévoit la directive sur la transparence des rémunérations ?
L’obligation d’informer le candidat de la rémunération ou de la fourchette dès l’offre d’emploi, l’interdiction de demander son salaire actuel ou passé, un droit d’information des salariés sur les niveaux moyens par poste de même valeur, un reporting des écarts au-delà de 100 salariés, et un aménagement de la charge de la preuve.
Où en est la transposition en France ?
L’échéance du 7 juin 2026 n’a pas été tenue. Les travaux de transposition sont annoncés pour la rentrée 2026 ; le calendrier définitif et les seuils exacts restent à confirmer. Un retard de transposition ne supprime pas l’obligation, il la décale.
Peut-on encore demander son salaire actuel à un candidat ?
Tant que la transposition n’est pas intervenue, aucune interdiction spécifique ne s’applique en droit français. Mais la pratique est peu utile — le salaire antérieur ne dit rien de la valeur du poste — et elle importe des écarts constitués ailleurs. Mieux vaut demander les attentes du candidat pour le poste.
Comment se préparer dès maintenant ?
Afficher la fourchette dans les offres, cesser de demander l’historique salarial, formaliser par écrit les critères de fixation des salaires, cartographier les postes de même valeur, et mesurer les écarts avant qu’on ne vous les demande.
Afficher le salaire fait-il fuir les candidats ou les attire-t-il ?
Il les attire et il les trie : le candidat sait immédiatement si le poste est envisageable, et les candidatures hors budget disparaissent des deux côtés. Vous recevez moins de candidatures mais une proportion bien plus élevée de candidatures traitables.

Sources & transparence

Page mise à jour le 10 août 2026 Pour toute évolution réglementaire postérieure, vérifiez les sources primaires officielles.

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