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Mobilité intragroupe : faire venir un salarié d’une filiale étrangère

Quand un groupe veut faire venir un cadre ou un expert d’une filiale située hors de l’Union européenne, il n’a pas à l’embaucher en France : la carte « salarié détaché ICT » permet de l’accueillir tout en maintenant son contrat de travail d’origine. Elle vise les fonctions d’encadrement et d’expertise, pour une durée limitée.

Tension
Transferts intragroupe — cadres, experts et employés en formation
Délai de recrutement
2 à 4 mois selon le consulat
Déposer une offre gratuitementÊtre rappelé

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L’essentiel en un coup d’œil

Les cinq informations dont vous avez besoin avant de vous engager sur ce profil.

QuestionRéponse
Qui est concerné ?Cadre, expert ou employé en formation, salarié d’une entité du groupe établie hors de l’Union européenne, envoyé dans l’entité française
Autorisation de travail nécessaire ?Oui — demande portée par l’entité d’accueil en France, sans opposabilité de la situation de l’emploi
Titre ou document concernéCarte de séjour « salarié détaché ICT », ou « salarié détaché mobile ICT » pour une mobilité depuis un autre État membre
Délai avant la prise de poste2 à 4 mois entre le dépôt et l’arrivée
Le point de vigilanceUne ancienneté minimale dans le groupe est exigée avant le transfert, et la durée du détachement est plafonnée : ce n’est pas une voie d’installation durable

Synthèse indicative : la situation individuelle du candidat prime toujours. Vérifiez le titre présenté et, en cas de doute, interrogez la préfecture avant l’embauche.

Qu’est-ce que la carte « salarié détaché ICT » ?

C’est le titre de séjour dédié aux transferts temporaires intragroupe — « intra-corporate transfer » en anglais, d’où le sigle ICT. Il permet à une entreprise établie hors de l’Union européenne d’envoyer l’un de ses salariés dans une entité du même groupe située en France, sans rompre le contrat de travail d’origine.

Trois catégories de profils sont visées : les cadres dirigeants, les experts détenant des connaissances spécialisées indispensables à l’entité d’accueil, et les employés en formation venus acquérir des compétences ou des méthodes. Un poste d’exécution ordinaire ne relève pas de ce dispositif : l’administration vérifie la réalité de la fonction d’encadrement ou d’expertise.

Deux conditions structurent le régime. D’abord une ancienneté minimale dans le groupe avant le transfert : on ne recrute pas quelqu’un à l’étranger pour l’envoyer aussitôt en France, le dispositif suppose un lien préexistant. Ensuite une durée maximale de séjour, plus courte pour les employés en formation que pour les cadres et experts. La carte ICT n’est pas une voie d’installation durable — pour cela, regardez la carte bleue européenne ou l’embauche directe.

ICT, carte bleue, passeport talent ou embauche : que choisir ?

Quatre voies pour accueillir un profil qualifié venu de l’étranger. Le critère décisif est la durée visée et le maintien ou non du contrat d’origine.

VoieContrat de travailQuand la choisir
Carte « salarié détaché ICT »Maintenu avec l’entité d’origine hors UETransfert temporaire d’un cadre ou d’un expert du groupe
« Salarié détaché mobile ICT »Maintenu, titulaire d’une ICT dans un autre État membreMobilité européenne à l’intérieur du groupe
Carte bleue européenneContrat français d’au moins 6 moisEmploi hautement qualifié, bien rémunéré, installation durable
Carte « talent »Contrat françaisProfil qualifié, dispositif national décliné par mention
Embauche directe en carte « salarié »Contrat françaisPoste courant, avec vérification de la liste des métiers en tension

Si le salarié doit rester durablement en France et intégrer les effectifs de l’entité française, la voie du détachement intragroupe n’est pas la bonne : il faut un contrat français.

Comment organiser une mobilité intragroupe vers la France ?

La séquence, portée par l’entité d’accueil française :

  1. Vérifier le lien capitalistique entre les entités — l’appartenance au même groupe doit être documentée : organigramme, participations, statuts. C’est la première pièce examinée.
  2. Vérifier l’ancienneté du salarié dans le groupe — une durée minimale d’emploi préalable est exigée. Un recrutement récent dans la filiale fragilise le dossier.
  3. Qualifier la fonction — cadre dirigeant, expert détenant des connaissances spécialisées, ou employé en formation : la catégorie détermine la durée maximale du séjour.
  4. Formaliser les conditions du détachement — lettre de mission, durée, rémunération, prise en charge du logement et du voyage : le contrat d’origine est maintenu mais les conditions françaises s’appliquent.
  5. Déposer la demande d’autorisation de travail — en ligne, par l’entité d’accueil, sur la plateforme numérique du ministère de l’Intérieur. Voir la checklist du dossier.
  6. Accompagner le visa et l’installation — visa long séjour, délivrance de la carte, et pour la famille, un accès facilité au séjour prévu par le dispositif.

Quelles règles françaises s’appliquent au salarié transféré ?

Le maintien du contrat d’origine ne signifie pas que le droit français est écarté. Comme pour tout détachement, un noyau dur de règles françaises s’impose : rémunération au moins égale au SMIC et aux minima de la convention collective applicable à l’entité d’accueil, durée du travail, repos, congés, santé et sécurité, égalité de traitement.

La déclaration préalable de détachement sur le portail SIPSI s’applique également, avec désignation d’un représentant en France. Beaucoup de groupes l’oublient en pensant que la carte ICT dispense de tout : ce sont deux formalités distinctes, l’une relevant du droit au séjour, l’autre du droit du travail.

Enfin, l’entité d’accueil assume les obligations de sécurité au poste : accueil sécurité, équipements, consignes compréhensibles par le salarié. Un expert venu superviser une ligne de production est soumis aux mêmes règles de prévention que vos salariés, quelle que soit son ancienneté dans le groupe.

L’erreur classique : utiliser l’ICT pour un besoin permanent

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  • La checklist des pièces du dossier, dans l’ordre
  • Le mémo des profils dispensés d’autorisation de travail
  • Les motifs de refus les plus fréquents, et comment les éviter

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Questions fréquentes

Qu’est-ce que la carte « salarié détaché ICT » ?
C’est le titre de séjour dédié aux transferts temporaires intragroupe : il permet à une entreprise établie hors de l’Union européenne d’envoyer un cadre, un expert ou un employé en formation dans une entité du même groupe en France, sans rompre le contrat de travail d’origine.
ICT, carte bleue, passeport talent ou embauche : que choisir ?
L’ICT convient à un transfert temporaire avec contrat maintenu à l’étranger. La carte bleue européenne vise un emploi hautement qualifié durable sous contrat français. La carte « talent » est un dispositif national décliné par mention. L’embauche directe en carte « salarié » couvre les postes courants.
Comment organiser une mobilité intragroupe vers la France ?
Documentez le lien capitalistique entre les entités, vérifiez l’ancienneté du salarié dans le groupe, qualifiez la fonction (cadre, expert ou employé en formation), formalisez les conditions du détachement, déposez la demande d’autorisation de travail en ligne, puis accompagnez le visa et l’installation.
Quelles règles françaises s’appliquent au salarié transféré ?
Le noyau dur du droit du travail français : rémunération au moins égale au SMIC et aux minima conventionnels de l’entité d’accueil, durée du travail, repos, congés, santé et sécurité, égalité de traitement. La déclaration préalable de détachement sur SIPSI reste également due.
La situation de l’emploi est-elle opposable pour une mobilité ICT ?
Non. Le dispositif repose sur un transfert de compétences à l’intérieur d’un groupe : l’administration n’oppose pas l’existence de candidats disponibles sur le marché du travail local. Elle vérifie en revanche la réalité du lien de groupe et de la fonction exercée.
Peut-on prolonger indéfiniment une carte ICT ?
Non. La durée de séjour est plafonnée, plus courte pour les employés en formation que pour les cadres et experts. Si le besoin devient permanent, il faut basculer vers un contrat français : carte bleue européenne, carte « talent » ou carte « salarié » selon le profil.

Sources & transparence

Page mise à jour le 9 août 2026 — relue par Maître Crudo, Avocat au barreau d'Aix-en-Provence. Pour toute évolution réglementaire postérieure, vérifiez les sources primaires officielles.

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