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Déclaration SIPSI : détacher un salarié étranger en France

La déclaration SIPSI est la déclaration préalable de détachement que l’entreprise établie à l’étranger dépose sur sipsi.travail.gouv.fr avant le début de la prestation en France, en désignant un représentant sur place. Elle n’est pas faite par le donneur d’ordre français — mais celui-ci doit en exiger la copie, sous peine d’amende administrative. Voici qui fait quoi, avec quelles informations et dans quel ordre.

Tension
Prestation de service internationale — régime distinct de l’embauche
Délai de recrutement
Déclaration préalable au début de la prestation
Déposer une offre gratuitementÊtre rappelé

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L’essentiel en un coup d’œil

Les cinq informations dont vous avez besoin avant de vous engager sur ce profil.

QuestionRéponse
Qui est concerné ?Salarié employé par une entreprise établie hors de France, envoyé exécuter temporairement une prestation sur le territoire français
Autorisation de travail nécessaire ?Pas d’autorisation de travail si l’entreprise est établie dans l’Union européenne, y compris pour un salarié ressortissant d’un pays tiers régulièrement employé. Autorisation requise si l’entreprise est établie hors de l’Union
Titre ou document concernéAucun titre français : le salarié conserve son contrat et son affiliation d’origine
Délai avant la prise de posteDéclaration SIPSI avant le début de la prestation
Le point de vigilanceLe donneur d’ordre doit vérifier l’existence de la déclaration : à défaut, il encourt une amende administrative

Synthèse indicative : la situation individuelle du candidat prime toujours. Vérifiez le titre présenté et, en cas de doute, interrogez la préfecture avant l’embauche.

Qu’est-ce qu’un détachement, et en quoi diffère-t-il d’une embauche ?

Le détachement désigne la situation d’un salarié employé par une entreprise établie hors de France, envoyé temporairement exécuter une prestation sur le territoire français. Le contrat de travail reste conclu avec l’entreprise d’origine : c’est elle qui rémunère, cotise et exerce l’autorité employeur. Vous n’êtes pas l’employeur, vous êtes le donneur d’ordre ou le maître d’ouvrage.

Cette distinction n’est pas théorique. Elle détermine qui doit quoi. Dans une embauche, vous portez l’autorisation de travail, la paie et les cotisations françaises. Dans un détachement, l’entreprise étrangère porte l’essentiel — mais elle doit respecter un noyau dur de règles françaises, et vous devez vérifier qu’elle s’est déclarée.

Le détachement est fréquent dans le BTP, l’industrie, les travaux d’installation et la maintenance sur site. C’est aussi le domaine où les fraudes sont les plus surveillées : entreprises « boîtes aux lettres » sans activité réelle dans leur pays d’origine, détachements permanents déguisés, salaires inférieurs au minimum français.

Faut-il une autorisation de travail pour un salarié détaché ?

Cela dépend du lieu d’établissement de l’entreprise, pas de la nationalité du salarié — c’est contre-intuitif, et c’est la source d’erreur la plus fréquente.

Si l’entreprise qui détache est établie dans un État membre de l’Union européenne, le salarié détaché n’a pas besoin d’une autorisation de travail française, y compris s’il est ressortissant d’un pays tiers, dès lors qu’il est régulièrement employé et admis au séjour dans cet État membre. La libre prestation de services couvre ce cas : un Marocain régulièrement employé par une entreprise espagnole et détaché en France pour un chantier n’a pas à demander une autorisation française.

Si l’entreprise est établie hors de l’Union européenne, en revanche, une autorisation de travail est requise pour le salarié détaché. Une taxe est en outre prévue à la charge de l’employeur accueillant un salarié détaché temporairement par une entreprise non établie en France. Vérifiez donc d’abord une chose : où est établie l’entreprise, réellement ?

Quelles obligations pèsent sur l’entreprise qui détache ?

Ce que l’entreprise étrangère doit faire — et que vous devez pouvoir vérifier :

  1. La déclaration préalable de détachement sur SIPSI — effectuée en ligne sur le portail SIPSI du ministère du Travail, avant le début de la prestation, avec l’identité des salariés, la durée et le lieu.
  2. La désignation d’un représentant en France — interlocuteur des agents de contrôle pendant toute la durée du détachement, chargé de conserver et de présenter les documents.
  3. Le respect du noyau dur de règles françaises — SMIC et minima conventionnels, durée du travail, repos, congés, santé et sécurité, égalité de traitement : ces règles s’appliquent quel que soit le droit du contrat.
  4. La conservation des documents — bulletins de paie ou équivalents, relevés d’heures, preuve du paiement des salaires, traduits en français et tenus à disposition.
  5. La carte BTP pour les chantiers — obligatoire pour les salariés détachés intervenant sur des chantiers de bâtiment et de travaux publics.

Comment faire la déclaration SIPSI, concrètement ?

La déclaration incombe à l’entreprise établie à l’étranger, pas au client français. Elle se fait en ligne, gratuitement, sur le portail sipsi.travail.gouv.fr :

  1. Créez le compte de l’entreprise étrangère sur le portail SIPSI — Un seul compte par entreprise, ouvert avec les identifiants de la société d’origine. Le compte se conserve d’une prestation à l’autre : on ne le recrée pas à chaque mission.
  2. Renseignez l’entreprise et son représentant en France — Raison sociale, adresse dans le pays d’établissement, activité, puis l’identité et les coordonnées du représentant en France. Ce représentant est obligatoire pendant toute la durée du détachement : c’est lui que l’inspection du travail appellera.
  3. Déclarez la prestation — Objet et nature de la prestation, date de début et de fin, lieux d’exécution (chaque chantier ou site), identité du donneur d’ordre français et, sur les chantiers, le maître d’ouvrage.
  4. Déclarez chaque salarié détaché — État civil, date de naissance, nationalité, qualification, rémunération brute horaire versée pendant le détachement, horaires prévus et adresse d’hébergement en France le cas échéant.
  5. Validez avant le début de la prestation — La déclaration est préalable : elle doit être enregistrée avant la première heure travaillée en France. Une déclaration déposée après coup ne régularise rien.
  6. Transmettez l’accusé de réception au donneur d’ordre — Le portail délivre un accusé daté. Le client français doit le détenir : c’est la pièce qui prouve qu’il a satisfait à son obligation de vigilance.

Qui déclare quoi, et sur quel support ?

La confusion la plus fréquente : croire que la DPAE française remplace la déclaration de détachement, ou l’inverse. Les deux ne visent pas la même situation.

SituationDéclaration à fairePar quiQuand
Prestation temporaire, salarié employé et payé par l’entreprise étrangèreDéclaration de détachement sur SIPSI + représentant en FranceL’entreprise étrangèreAvant le début de la prestation
Salarié travaillant durablement en France pour une entreprise sans établissement en FranceImmatriculation Urssaf firmes étrangères + DPAEL’entreprise étrangère, devenue employeur en FranceDPAE dans les 8 jours précédant l’embauche
Embauche directe par une entreprise françaiseDPAE auprès de l’UrssafL’employeur françaisDans les 8 jours précédant l’embauche
Mobilité au sein d’un même groupe internationalCarte de séjour ICT, et détachement déclaré si la prestation le justifieL’entité d’accueil avec l’entité d’origineAvant l’arrivée du salarié

Une même opération ne relève jamais des deux régimes à la fois : ou le salarié reste employé à l’étranger pour une mission temporaire, ou il devient employé en France. C’est l’autorité exercée et la durée qui tranchent, pas l’intitulé du contrat commercial.

Que doit vérifier le donneur d’ordre français ?

Votre obligation de vigilance est précise et se prouve par des documents conservés :

  1. L’existence de la déclaration SIPSI — demandez-en une copie avant le début de la prestation. Son absence engage votre responsabilité, pas seulement celle de votre cocontractant.
  2. L’identité du représentant en France — nom, coordonnées, disponibilité pendant toute la durée de l’intervention.
  3. La réalité de l’activité de l’entreprise dans son pays — une société sans activité substantielle dans son pays d’établissement est une « boîte aux lettres » : le détachement est alors frauduleux et vous êtes exposé.
  4. Le respect du salaire minimum français — en cas de manquement signalé, un donneur d’ordre informé et resté inactif peut être tenu solidairement au paiement des rémunérations.
  5. Les conditions d’hébergement — si l’entreprise loge ses salariés, des conditions indignes engagent également le donneur d’ordre informé qui n’a pas réagi.

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Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un détachement, et en quoi diffère-t-il d’une embauche ?
Un salarié détaché reste employé par une entreprise établie hors de France, qui l’envoie exécuter temporairement une prestation en France. Le contrat, la rémunération et l’autorité employeur restent chez l’entreprise d’origine ; vous n’êtes que donneur d’ordre ou maître d’ouvrage.
Faut-il une autorisation de travail pour un salarié détaché ?
Cela dépend du lieu d’établissement de l’entreprise. Si elle est établie dans un État membre de l’Union européenne, aucune autorisation française n’est requise, y compris pour un salarié ressortissant d’un pays tiers régulièrement employé dans cet État. Si elle est établie hors de l’Union, une autorisation de travail est nécessaire.
Quelles obligations pèsent sur l’entreprise qui détache ?
Effectuer la déclaration préalable de détachement sur SIPSI avant le début de la prestation, désigner un représentant en France, respecter le noyau dur de règles françaises (SMIC et minima conventionnels, durée du travail, repos, sécurité), conserver les documents traduits et, sur les chantiers, disposer de la carte BTP.
Comment faire la déclaration SIPSI, concrètement ?
L’entreprise étrangère crée un compte sur sipsi.travail.gouv.fr, y renseigne la société et son représentant en France, déclare la prestation (objet, dates, lieux, donneur d’ordre) puis chaque salarié détaché (état civil, qualification, rémunération brute horaire, horaires, hébergement). La déclaration doit être validée avant la première heure travaillée en France, et l’accusé de réception transmis au donneur d’ordre.
Qui doit faire la déclaration SIPSI : le client français ou l’entreprise étrangère ?
L’entreprise étrangère qui détache. Le donneur d’ordre français ne la dépose pas, mais il doit en exiger et en conserver une copie avant le début de la prestation : à défaut, il encourt lui-même une amende administrative.
La DPAE remplace-t-elle la déclaration de détachement ?
Non, les deux ne visent pas la même situation. La déclaration SIPSI couvre une prestation temporaire pour un salarié qui reste employé et payé à l’étranger. La DPAE relève d’une embauche en France — y compris quand l’employeur est une entreprise étrangère sans établissement, qui doit alors s’immatriculer auprès de l’Urssaf service firmes étrangères.
Que doit vérifier le donneur d’ordre français ?
L’existence de la déclaration SIPSI avant le début de la prestation, l’identité du représentant en France, la réalité de l’activité de l’entreprise dans son pays d’établissement, le respect du salaire minimum français et les conditions d’hébergement lorsque l’entreprise loge ses salariés.
Que risque le donneur d’ordre qui ne vérifie pas ?
Une amende administrative pour manquement à l’obligation de vigilance, et une solidarité financière possible pour le paiement des rémunérations si, informé d’un manquement, il est resté inactif. En cas d’emploi d’un étranger sans titre, la solidarité peut porter sur la contribution spéciale due à l’OFII.
Comment distinguer un vrai détachement d’une embauche déguisée ?
Le critère est l’autorité : si c’est vous qui payez et dirigez le salarié, ce n’est pas un détachement mais une embauche, avec autorisation de travail à la clé. Un détaché intégré durablement à vos équipes, sous vos ordres, expose à une requalification en prêt de main-d’œuvre illicite ou en marchandage.

Sources & transparence

Page mise à jour le 20 septembre 2026 — relue le 9 août 2026 — relue par Maître Crudo, Avocat au barreau d'Aix-en-Provence. Pour toute évolution réglementaire postérieure, vérifiez les sources primaires officielles.

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