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Intérim et travailleur étranger : qui porte la responsabilité ?

Dans une mission d’intérim, l’employeur juridique est l’agence de travail temporaire : c’est elle qui demande l’autorisation de travail et vérifie le titre de séjour. Mais l’entreprise utilisatrice n’est pas hors de cause : en tant que donneur d’ordre, elle est tenue à une obligation de vigilance et peut être solidairement redevable des sanctions en cas d’emploi d’un étranger sans titre.

Tension
Solution rapide, mais la vigilance du donneur d’ordre reste engagée
Délai de recrutement
Rapide : l’agence porte les démarches
Déposer une offre gratuitementÊtre rappelé

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L’essentiel en un coup d’œil

Les cinq informations dont vous avez besoin avant de vous engager sur ce profil.

QuestionRéponse
Qui est concerné ?Salarié étranger mis à disposition par une entreprise de travail temporaire auprès d’une entreprise utilisatrice
Autorisation de travail nécessaire ?Oui, portée par l’agence de travail temporaire, qui est l’employeur juridique
Titre ou document concernéTitre autorisant à travailler, vérifié par l’agence avant la mise à disposition
Délai avant la prise de posteRapide — l’agence dispose généralement de viviers déjà en règle
Le point de vigilanceL’entreprise utilisatrice reste solidairement responsable : exigez les justificatifs, ne présumez pas de la conformité de l’agence

Synthèse indicative : la situation individuelle du candidat prime toujours. Vérifiez le titre présenté et, en cas de doute, interrogez la préfecture avant l’embauche.

Qui doit demander l’autorisation de travail en intérim ?

L’entreprise de travail temporaire. Dans une relation d’intérim, le contrat de travail est conclu entre l’agence et le salarié : c’est elle l’employeur juridique, et c’est donc à elle qu’incombent les obligations liées à l’emploi d’un salarié étranger — demande d’autorisation de travail, vérification du titre auprès de la préfecture, déclaration préalable à l’embauche, paie et cotisations.

L’entreprise utilisatrice, elle, exerce l’autorité opérationnelle : elle dirige le travail, fixe les horaires, assure la sécurité sur son site. Elle n’est pas l’employeur, mais elle n’est pas pour autant un simple client. Le code du travail met à sa charge, en tant que donneur d’ordre, une obligation de vigilance à l’égard de son cocontractant.

C’est là que se situe le malentendu le plus coûteux. Beaucoup d’entreprises utilisatrices considèrent que « l’agence s’en occupe » et n’exigent aucun justificatif. En cas de contrôle révélant l’emploi d’un étranger sans titre, elles découvrent qu’elles peuvent être tenues solidairement au paiement des sommes dues — dont la contribution spéciale due à l’OFII.

Agence ou entreprise utilisatrice : qui fait quoi ?

La répartition des obligations, pour savoir exactement ce que vous devez exiger et ce que vous devez faire.

ObligationAgence de travail temporaireEntreprise utilisatrice
Contrat de travail et paieOui — elle est l’employeurNon
Demande d’autorisation de travailOui, avant la mise à dispositionNon — mais exigez la preuve qu’elle a été obtenue
Vérification du titre auprès de la préfectureOui, au moins 2 jours ouvrables avant l’embaucheNon — mais demandez la copie de la démarche
Obligation de vigilance sur le cocontractantSans objetOui : attestation de vigilance et justificatifs, à jour
Sécurité au poste de travailFormation générale à la sécuritéOui : accueil sécurité, EPI, consignes compréhensibles
Solidarité financière en cas d’emploi sans titreRedevable au premier chefPeut être tenue solidairement au paiement des sommes dues

La vigilance n’est pas une formalité de classement : elle suppose de vérifier que les documents sont à jour au moment de la mission, pas au moment de la signature du contrat-cadre.

Quels justificatifs exiger de votre agence d’intérim ?

La liste minimale à demander — et à actualiser périodiquement, pas une fois pour toutes :

  1. L’attestation de vigilance de l’URSSAF — elle atteste que l’agence est à jour de ses déclarations et cotisations. À renouveler tous les six mois.
  2. La garantie financière de l’entreprise de travail temporaire — obligatoire pour exercer l’activité de travail temporaire ; son absence est un signal d’alerte immédiat.
  3. La preuve de la vérification des titres — demandez à l’agence de confirmer par écrit qu’elle a procédé à la vérification préfectorale pour les salariés étrangers mis à disposition.
  4. Le contrat de mise à disposition, complet — motif du recours, qualification, poste, durée : un contrat imprécis fragilise aussi bien l’agence que vous.
  5. La liste nominative des salariés présents sur site — tenue à jour, elle vous permet de répondre immédiatement en cas de contrôle.

Intérim ou recrutement direct : que choisir pour un profil étranger ?

L’intérim répond à un besoin de réactivité : l’agence dispose souvent de viviers déjà en règle et peut mettre quelqu’un à disposition en quelques jours. Pour un remplacement, un surcroît temporaire ou un test avant embauche, c’est la solution la plus rapide, et elle vous décharge de la procédure administrative.

Elle a deux limites. La première est le coût : le coefficient de facturation d’une agence renchérit significativement l’heure travaillée, ce qui pèse vite sur une mission longue. La seconde est la fidélisation : sur un métier en tension, un intérimaire compétent sera repris ailleurs, et vous recommencerez. Sur un besoin durable, le recrutement direct reste plus économique et plus stable.

La combinaison qui fonctionne le mieux : intérim pour absorber le pic, recrutement direct pour installer la compétence. Si vous voulez embaucher un intérimaire étranger à l’issue de sa mission, vérifiez son titre — une autorisation délivrée à l’agence ne vaut pas pour vous — et engagez votre propre démarche. Le comparatif des cinq voies vous aide à choisir.

La solidarité financière : ce que risque le donneur d’ordre

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Questions fréquentes

Qui doit demander l’autorisation de travail en intérim ?
L’entreprise de travail temporaire, qui est l’employeur juridique du salarié. C’est elle qui dépose la demande d’autorisation de travail, procède à la vérification du titre auprès de la préfecture et effectue la déclaration préalable à l’embauche.
Agence ou entreprise utilisatrice : qui fait quoi ?
L’agence porte le contrat, la paie, l’autorisation de travail et la vérification du titre. L’entreprise utilisatrice assure la sécurité au poste et supporte une obligation de vigilance sur son cocontractant ; elle peut être tenue solidairement en cas d’emploi d’un étranger sans titre.
Quels justificatifs exiger de votre agence d’intérim ?
L’attestation de vigilance de l’URSSAF renouvelée tous les six mois, la garantie financière de l’entreprise de travail temporaire, la confirmation écrite de la vérification des titres, le contrat de mise à disposition complet et la liste nominative des salariés présents sur site.
Intérim ou recrutement direct : que choisir pour un profil étranger ?
L’intérim est plus rapide et décharge de la procédure, mais son coefficient de facturation pèse sur les missions longues et ne fidélise pas. Sur un besoin durable, le recrutement direct est plus économique et plus stable. La combinaison efficace : intérim pour le pic, embauche pour la compétence.
Peut-on embaucher directement un intérimaire étranger après sa mission ?
Oui, mais l’autorisation de travail délivrée à l’agence ne vaut pas pour vous : vous devez vérifier le titre du salarié et, si nécessaire, engager votre propre demande d’autorisation de travail avant la prise de poste.
Que risque l’entreprise utilisatrice en cas de contrôle ?
Elle peut être tenue solidairement au paiement des rémunérations et cotisations dues, ainsi que de la contribution spéciale à l’OFII et de la contribution forfaitaire de réacheminement. Avoir exigé et conservé les attestations de son cocontractant est la meilleure démonstration de vigilance.

Sources & transparence

Page mise à jour le 9 août 2026 — relue par Maître Crudo, Avocat au barreau d'Aix-en-Provence. Pour toute évolution réglementaire postérieure, vérifiez les sources primaires officielles.

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