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L’index de l’égalité professionnelle : calcul, seuils et pénalité

Les entreprises d’au moins cinquante salariés calculent et publient chaque année un index mesurant les écarts de rémunération et de situation entre les femmes et les hommes. En dessous de certains seuils de points, des obligations de correction s’imposent, et une pénalité financière peut être appliquée. Voici le mécanisme et le calendrier.

Chiffres vérifiés le 10 août 2026.

Seuil d’assujettissement
50 salariés
Seuil déclenchant les mesures correctives
75 points
Seuil des objectifs de progression
85 points
Déposer une offreÊtre rappelé

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Qui doit publier l’index de l’égalité professionnelle ?

Les entreprises d’au moins cinquante salariés, chaque année, à une date fixée par la réglementation. La publication se fait sur le site internet de l’entreprise lorsqu’il en existe un, et les résultats sont par ailleurs transmis à l’administration et au comité social et économique.

L’index n’est pas une déclaration facultative ni un simple indicateur de communication : son absence de calcul, son absence de publication ou l’absence de transmission constituent des manquements sanctionnés.

Le calcul repose sur un ensemble d’indicateurs pondérés, dont le nombre diffère selon que l’entreprise compte plus ou moins de deux cent cinquante salariés. Le total est exprimé sur cent points.

Que mesurent les indicateurs ?

Les dimensions évaluées. Leur nombre et leur pondération varient selon l’effectif de l’entreprise.

IndicateurCe qu’il mesure
Écart de rémunérationDifférence de rémunération moyenne entre femmes et hommes, par catégorie et tranche d’âge
Écart de taux d’augmentations individuellesDifférence dans la proportion de salariés augmentés
Écart de taux de promotionsDifférence dans la proportion de salariés promus (au-delà de 250 salariés)
Retour de congé de maternitéPart des salariées augmentées à leur retour, lorsque des augmentations sont intervenues pendant leur congé
Parité parmi les plus hautes rémunérationsNombre de personnes du sexe sous-représenté parmi les dix plus hautes rémunérations

Certains indicateurs peuvent être incalculables selon la configuration de l’effectif ; la réglementation prévoit alors des règles spécifiques de calcul du total.

Que se passe-t-il en dessous des seuils ?

Deux seuils structurent le dispositif. En dessous de quatre-vingt-cinq points, l’entreprise doit fixer et publier des objectifs de progression pour chacun des indicateurs pour lesquels la note maximale n’a pas été atteinte.

En dessous de soixante-quinze points, s’ajoute une obligation de mettre en œuvre des mesures de correction, définies par accord ou, à défaut, par décision unilatérale après consultation du comité social et économique. L’entreprise dispose d’un délai pour atteindre le seuil.

Si à l’expiration de ce délai l’index reste inférieur à soixante-quinze points, une pénalité financière peut être prononcée. Son montant est plafonné en proportion de la masse salariale, et il est modulé en fonction des efforts constatés et des motifs de défaillance.

Comment préparer et améliorer son index ?

Six étapes. La première conditionne la fiabilité de tout le reste : un index calculé sur des données mal structurées ne dit rien d’exploitable.

  1. Fiabiliser les données de paie et de classification — Catégories socioprofessionnelles, tranches d’âge, éléments de rémunération à retenir. C’est le préalable.
  2. Calculer chaque indicateur séparément — Le total masque les causes : c’est indicateur par indicateur que se lit ce qu’il faut corriger.
  3. Identifier l’indicateur le plus dégradé — Il concentre en général l’essentiel du déficit de points, et donc l’essentiel du gain possible.
  4. Traiter en priorité le retour de congé de maternité — C’est l’indicateur le plus simple à corriger : appliquer les augmentations intervenues pendant le congé est une obligation légale par ailleurs.
  5. Formaliser objectifs et mesures correctives dans les délais — Par accord ou décision unilatérale après consultation, selon le seuil concerné.
  6. Articuler avec la préparation de la transparence salariale — Voir la directive européenne : les données à produire se recoupent largement.

Quel lien avec le recrutement ?

Le recrutement est l’un des leviers les plus directs d’amélioration de l’index, parce que c’est au moment de l’embauche que se fixe la rémunération d’entrée — et donc une partie des écarts futurs. Une politique de fixation des salaires fondée sur le poste et non sur l’historique du candidat réduit mécaniquement l’écart à la source.

C’est exactement ce que la directive européenne sur la transparence des rémunérations impose de formaliser : interdiction de demander l’historique salarial, communication des critères objectifs de fixation, indication de la rémunération dès l’offre. Voir les questions à ne plus poser.

Enfin, l’index et la traçabilité du recrutement relèvent de la même logique probatoire : documenter les critères objectifs. Voir le mécanisme de la preuve en matière de discrimination et le positionnement salarial par tranche.

L’index et la diversité des recrutements

L’index mesure les écarts entre femmes et hommes, et non entre nationalités : un salarié étranger est intégré aux calculs comme tout autre salarié, dans sa catégorie et sa tranche d’âge.

Le point d’attention est ailleurs et il est réel : si les recrutements internationaux se concentrent sur une catégorie de postes ou un sexe, ils déplacent la structure de l’effectif et donc les indicateurs. C’est un effet à connaître, non à corriger en écartant des candidats — ce qui constituerait une discrimination.

La bonne pratique reste la même : fixer les rémunérations en fonction du poste, et non de l’historique ou de l’origine du candidat. Voir le mécanisme de la preuve en matière de discrimination, recruter un travailleur étranger et la liste des métiers en tension région par région.

Un dernier point de méthode : certains indicateurs peuvent être incalculables selon la configuration de votre effectif, et la réglementation prévoit alors des règles spécifiques de calcul du total. Vérifiez ce cas de figure avant de conclure à un score dégradé, car il conduit fréquemment à une lecture erronée.

Un dernier repère de calendrier : l’index se calcule sur l’exercice écoulé mais se prépare pendant celui-ci. Les décisions qui le déterminent — augmentations, promotions, traitement des retours de congé — interviennent tout au long de l’année, et il est trop tard pour agir au moment de la publication. Suivre les écarts en continu, même sommairement, est ce qui distingue une entreprise qui pilote son index d’une entreprise qui le subit.

L’erreur la plus fréquente : lire le total sans lire les indicateurs

À emporter

La checklist annuelle de l’index

Sept points, à passer chaque année avant la date de publication.

  • L’effectif atteint le seuil d’assujettissement de cinquante salariés
  • Les données de paie et de classification sont fiabilisées
  • Chaque indicateur a été calculé séparément
  • L’index est publié sur le site internet de l’entreprise
  • Les résultats sont transmis à l’administration et au comité social et économique
  • Si l’index est inférieur à 85 : des objectifs de progression sont fixés et publiés
  • Si l’index est inférieur à 75 : des mesures correctives sont définies et formalisées

Vérifier à la source

Les barèmes et les textes évoluent. Ces liens mènent directement aux pages officielles qui font foi.

Questions fréquentes

Qui doit publier l’index de l’égalité professionnelle ?
Les entreprises d’au moins cinquante salariés, chaque année, à une date fixée par la réglementation. La publication se fait sur le site internet de l’entreprise, et les résultats sont transmis à l’administration ainsi qu’au comité social et économique.
Que mesurent les indicateurs ?
L’écart de rémunération entre femmes et hommes par catégorie et tranche d’âge, l’écart de taux d’augmentations individuelles, l’écart de taux de promotions au-delà de deux cent cinquante salariés, les augmentations au retour de congé de maternité, et la parité parmi les dix plus hautes rémunérations.
Que se passe-t-il en dessous des seuils ?
En dessous de quatre-vingt-cinq points, des objectifs de progression doivent être fixés et publiés. En dessous de soixante-quinze points, des mesures de correction doivent être mises en œuvre dans un délai imparti ; à défaut d’atteindre le seuil, une pénalité financière peut être prononcée.
Comment préparer et améliorer son index ?
Fiabiliser les données de paie et de classification, calculer chaque indicateur séparément, identifier le plus dégradé, traiter en priorité le retour de congé de maternité qui est le plus simple à corriger, formaliser objectifs et mesures dans les délais, et articuler avec la transparence salariale.
Quel lien avec le recrutement ?
C’est au moment de l’embauche que se fixe la rémunération d’entrée, donc une partie des écarts futurs. Fixer les salaires en fonction du poste et non de l’historique du candidat réduit l’écart à la source — ce que la directive européenne sur la transparence impose précisément de formaliser.

Sources & transparence

Page mise à jour le 10 août 2026 Pour toute évolution réglementaire postérieure, vérifiez les sources primaires officielles.

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