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Recruter dans un autre pays d’Europe : ce que le réseau EURES change pour vous

Vous ne trouvez personne en France sur un métier en tension. Avant de vous lancer dans une procédure d’introduction hors Union européenne — longue, taxée, incertaine — regardez le vivier européen : 31 pays, plus de 800 000 CV, et un service gratuit pour l’employeur. Cette page dit comment on l’utilise, et à quel moment il ne suffit plus.

Vous cherchez un emploi et non un salarié ? Voir les organismes européens côté candidat

Chiffres vérifiés le 20 septembre 2026 · relu par Maître Crudo, Avocat au barreau d'Aix-en-Provence.

couverts par le réseau EURES
31 pays
coût des services EURES pour l’employeur
0 €
de travail à demander pour un ressortissant UE/EEE
0 autorisation
Déposer une offre gratuitementÊtre rappelé

Recrutement à l’étranger géré · candidat 100 % gratuit.

L’essentiel en un coup d’œil

Les cinq informations dont vous avez besoin avant de vous engager sur ce profil.

QuestionRéponse
Qui est concerné ?Candidat résidant dans l’un des 31 pays de l’Espace économique européen ou en Suisse, recruté depuis l’étranger
Autorisation de travail nécessaire ?Non — la libre circulation des travailleurs s’applique (article 45 TFUE, règlement (UE) 492/2011)
Titre ou document concernéCarte nationale d’identité ou passeport en cours de validité ; aucun titre de séjour exigible
Délai avant la prise de posteAucun délai administratif : le seul délai est celui de votre recrutement et de l’installation du salarié
Le point de vigilanceEURES ne couvre QUE l’Espace économique européen : un candidat marocain, algérien, tunisien, égyptien ou libyen relève d’une autre procédure, avec autorisation de travail et visa

Synthèse indicative : la situation individuelle du candidat prime toujours. Vérifiez le titre présenté et, en cas de doute, interrogez la préfecture avant l’embauche.

Qu’est-ce qu’EURES, et pourquoi votre TPE n’en a jamais entendu parler ?

EURES est le réseau européen des services publics de l’emploi, créé par le règlement (UE) 2016/589 du 13 avril 2016. Il couvre 31 pays — les 27 États membres, plus l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse — et s’appuie sur environ 1 000 conseillers. En France, le point de contact national est France Travail : c’est par lui que passent vos offres et vos recherches de profils.

Le réseau est resté confidentiel côté employeurs pour une raison simple : il n’est vendu par personne. Aucun commercial ne vous appellera pour vous le proposer, parce que les services rendus à l’employeur y sont gratuits. Vous y accédez par votre conseiller France Travail ou directement sur le portail européen, qui donne accès à plus de 800 000 CV et agrège plus de 5 millions d’offres.

La mobilité européenne reste d’ailleurs faible — environ 3 % des Européens travaillent hors de leur pays d’origine. C’est peu, et c’est précisément l’opportunité : sur un métier en tension, vous êtes rarement en concurrence avec beaucoup d’employeurs français sur ce vivier-là. Nos pages métiers en tension et recruter un travailleur étranger posent le décor général, et la version candidat de cette page recense les organismes européens de la mobilité du travail — utile à transmettre au salarié que vous recrutez.

Comment diffuser une offre dans les 31 pays, étape par étape ?

Le circuit est toujours le même : on passe par le service public de l’emploi national, jamais en direct sur le portail européen.

  1. Déposez votre offre auprès de France Travail — C’est le point de contact unique pour la France. Une offre déposée là remonte vers le portail EURES et devient visible des demandeurs d’emploi des 31 pays. Une offre publiée uniquement sur votre site ou sur un jobboard privé n’y remonte pas.
  2. Rendez l’offre lisible hors de France — Salaire affiché, lieu précis, type de contrat, conditions de logement éventuelles. Un candidat portugais ne devine ni votre convention collective ni le coût du logement dans votre bassin : ce que vous n’écrivez pas, il ne le suppose pas, il passe à l’offre suivante.
  3. Demandez un conseiller EURES à votre agence — C’est la partie que la plupart des employeurs ignorent : un conseiller peut cibler les pays où votre métier est excédentaire, organiser des entretiens et vous préparer aux European Job Days. Le service ne vous est pas facturé.
  4. Préparez l’arrivée avant de signer — Logement, numéro de sécurité sociale, ouverture de compte, scolarisation des enfants. La première cause d’échec d’un recrutement européen n’est pas le niveau technique du salarié, c’est une installation improvisée dans les trois premières semaines.

EURES ou procédure d’introduction : laquelle s’applique à votre candidat ?

Les deux voies n’ont ni le même coût, ni le même délai, ni la même paperasse. Le critère de tri est la nationalité du candidat, pas son pays de résidence.

Candidat UE / EEE / SuisseCandidat d’un pays tiers
Canal de sourcingEURES, via France TravailPlateformes spécialisées, candidatures directes, ObjectiFrance
Autorisation de travailAucuneObligatoire, demandée par vous sur la plateforme ANEF
Titre de séjour à exigerAucun — le réclamer serait discriminatoireOui, selon le statut du candidat
VisaAucunVisa long séjour, après autorisation de travail
Taxe employeurAucuneTaxe due à l’OFII lors de la première admission au séjour
Délai avant prise de posteCelui de votre recrutementPlusieurs mois, instruction administrative comprise

Un ressortissant d’un pays tiers déjà titulaire d’un titre de séjour français autorisant à travailler relève d’un troisième cas : voyez nos pages par statut.

Le diplôme européen de votre candidat est-il valable en France ?

Pas automatiquement, et c’est le piège le plus fréquent. Il n’existe pas de reconnaissance automatique des diplômes au niveau européen : chaque État reste maître de son système éducatif. Le centre ENIC-NARIC France délivre une attestation de comparabilité, qui situe le diplôme étranger par rapport au système français. Ce n’est pas une équivalence.

Pour un poste ordinaire, cela n’a aucune conséquence : vous recrutez sur des compétences, et rien ne vous oblige à demander une attestation. Pour une profession réglementée — soins, sécurité privée, transport, certains métiers du bâtiment — c’est l’inverse : l’autorisation d’exercer relève de l’autorité compétente du métier, elle a ses propres délais, et aucune attestation de comparabilité ne s’y substitue. Vérifiez ce point avant la promesse d’embauche, pas après.

Conseil de méthode : demandez au candidat s’il dispose du supplément au diplôme délivré dans son pays. Ce document, prévu pour la circulation intra-européenne, vous évite d’interpréter seul un intitulé roumain ou bulgare.

Embauche directe ou détachement : où passe la frontière ?

La confusion est coûteuse, parce que les deux régimes n’ont rien à voir. Si vous embauchez un ressortissant européen, vous êtes son employeur : contrat français, paie française, cotisations en France, formalités de droit commun — notre page sur l’embauche d’un ressortissant UE les détaille.

Si une entreprise étrangère vous met à disposition son salarié pour une prestation, c’est un détachement : le salarié reste employé et affilié dans son pays d’origine, l’entreprise prestataire doit effectuer une déclaration préalable sur le portail SIPSI, désigner un représentant en France, et vous avez une obligation de vigilance sur cette déclaration. Le régime est traité sur notre page détachement et SIPSI.

Pour les questions d’affiliation — quelle caisse, quel pays, quelles cotisations, quelle retraite —, l’interlocuteur est le CLEISS, le Centre des Liaisons Européennes et Internationales de Sécurité Sociale. La règle de principe : on relève de la sécurité sociale d’un seul pays à la fois, en général celui où l’on travaille.

Et quand le vivier européen ne suffit pas ?

À emporter

Quelle procédure pour votre candidat ? Trois questions

Trois questions suffisent à savoir dans quelle procédure vous êtes. Répondez dans l’ordre, arrêtez-vous à la première réponse qui tranche.

  1. Le candidat a-t-il la nationalité d’un des 31 pays de l’EEE ou de la Suisse ?

    Oui → Libre circulation : aucune autorisation, aucun titre à exiger. Passez à l’embauche de droit commun.

    Non → Poursuivez : il relève d’un régime d’autorisation.

  2. Détient-il déjà un titre de séjour français qui autorise à travailler ?

    Oui → Vérifiez ce que son titre autorise exactement — nos pages par statut le disent profil par profil.

    Non → Poursuivez : il faudra une autorisation de travail.

  3. Est-il déjà en France ?

    Oui → Autorisation de travail à demander sur la plateforme ANEF, puis changement de statut le cas échéant.

    Non → Procédure d’introduction : autorisation de travail, puis visa long séjour, puis OFII à l’arrivée.

Vérifier à la source

Les barèmes et les textes évoluent. Ces liens mènent directement aux pages officielles qui font foi.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’EURES, et pourquoi votre TPE n’en a jamais entendu parler ?
C’est le réseau européen des services publics de l’emploi, créé par le règlement (UE) 2016/589 : 31 pays, environ 1 000 conseillers, plus de 800 000 CV. Il est resté confidentiel parce que les services à l’employeur y sont gratuits — personne n’a d’intérêt à vous les vendre.
Comment diffuser une offre dans les 31 pays, étape par étape ?
En déposant l’offre auprès de France Travail, point de contact unique pour la France : elle remonte alors vers le portail EURES. Rendez-la lisible hors de France, demandez un conseiller EURES à votre agence, et préparez l’installation du salarié avant de signer.
EURES est-il payant pour un employeur français ?
Non, les services EURES sont gratuits pour les employeurs. Le règlement (UE) 2016/589 impose la gratuité des services d’appui aux demandeurs d’emploi ; côté employeur, France Travail les propose également sans frais.
EURES ou procédure d’introduction : laquelle s’applique à votre candidat ?
Le critère est la nationalité. Ressortissant UE, EEE ou suisse : EURES, aucune autorisation, aucun visa, aucune taxe. Ressortissant d’un pays tiers : autorisation de travail à demander, visa long séjour, taxe OFII et plusieurs mois de délai.
Le diplôme européen de votre candidat est-il valable en France ?
Il n’existe pas de reconnaissance automatique au niveau européen. ENIC-NARIC France délivre une attestation de comparabilité, qui n’est pas une équivalence. Pour une profession réglementée, seule l’autorité compétente du métier peut ouvrir le droit d’exercer.
Embauche directe ou détachement : où passe la frontière ?
Si vous embauchez, vous êtes l’employeur : contrat et cotisations françaises. Si une entreprise étrangère met son salarié à disposition, c’est un détachement : affiliation maintenue dans le pays d’origine, déclaration SIPSI et obligation de vigilance de votre côté.
Et quand le vivier européen ne suffit pas ?
Vous basculez sur le recrutement hors Union : autorisation de travail demandée par vous, visa long séjour, taxe employeur, et plusieurs mois de délai. Pour le candidat, la candidature reste gratuite — l’article L5321-3 du code du travail l’impose.

Sources & transparence

Page mise à jour le 20 septembre 2026 — relue par Maître Crudo, Avocat au barreau d'Aix-en-Provence. Pour toute évolution réglementaire postérieure, vérifiez les sources primaires officielles.

Votre poste est peut-être pourvu par un Européen — ou par un dossier vérifié

Déposez votre offre, recevez des candidats qualifiés et présélectionnés — ObjectiFrance gère même le recrutement à l’étranger pour les métiers en tension. Et côté candidat, c’est 100 % gratuit : des profils motivés, jamais retenus par un coût.

Une question avant de vous lancer ? Réponse sous 48 h ouvrées : contact@objectifrance.com.