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La visite médicale d’embauche : qui, quand, à quelle échéance
Tout salarié nouvellement embauché doit bénéficier d’un suivi individuel de son état de santé. La forme et le délai dépendent du poste : visite d’information et de prévention dans le cas général, examen médical d’aptitude avant la prise de poste pour les postes à risques. Le tout est à la charge de l’employeur et se fait sur le temps de travail. Voici le calendrier par type de poste.
Chiffres vérifiés le 10 août 2026.
- Pour les postes à risques (SIR)
- Avant la prise de poste
- Qui organise et qui paie
- Employeur
- Nouveauté sur la visite de reprise
- 15 juin 2026
Quelle visite médicale pour quel poste ?
Deux régimes coexistent. Le régime de droit commun est la visite d’information et de prévention, réalisée après l’embauche par un professionnel de santé du service de prévention et de santé au travail. Elle n’a pas pour objet de délivrer un avis d’aptitude mais d’informer le salarié sur les risques, de l’interroger sur son état de santé et de l’orienter si nécessaire.
Le régime renforcé s’applique aux postes présentant des risques particuliers : il donne lieu à un examen médical d’aptitude réalisé par le médecin du travail, et cet examen doit intervenir avant l’affectation au poste. La liste des postes concernés est fixée par la réglementation et peut être complétée par l’employeur, après avis, au vu de l’évaluation des risques.
La conséquence pratique est décisive pour votre planning d’embauche : dans le premier cas, le salarié peut prendre son poste puis passer la visite ; dans le second, il ne peut pas être affecté au poste avant l’examen. Anticiper cette distinction évite de découvrir un blocage la veille de l’arrivée.
Quels sont les délais et à la charge de qui ?
Le tableau des obligations. La colonne de droite lève les deux questions les plus fréquentes : qui paie, et est-ce du temps de travail.
| Situation | Examen | Échéance | Charge |
|---|---|---|---|
| Embauche, poste sans risque particulier | Visite d’information et de prévention | Après l’embauche, dans le délai réglementaire | Employeur, sur le temps de travail |
| Embauche, poste à risques | Examen médical d’aptitude | Avant l’affectation au poste | Employeur, sur le temps de travail |
| Travailleur de nuit, jeune de moins de 18 ans | Visite préalable | Avant l’affectation | Employeur |
| Suivi périodique | Selon le régime applicable | Périodicité fixée par le médecin du travail | Employeur |
| Reprise après absence | Visite de reprise | Selon la nature et la durée de l’absence | Employeur |
Le temps passé aux examens est pris sur les heures de travail ou rémunéré comme temps de travail, et les frais de transport éventuels sont à la charge de l’employeur.
Qu’est-ce qui change pour la visite de reprise en 2026 ?
Une évolution notable est intervenue pour les arrêts de travail débutant à compter du 15 juin 2026 : la visite de reprise n’est plus systématiquement obligatoire lorsque le salarié a bénéficié antérieurement d’une visite dans des conditions définies par la réglementation.
L’objectif est d’alléger les obligations dans des situations où l’examen n’apporte rien, tout en préservant les cas où il est nécessaire. Pour l’employeur, cela signifie qu’il faut désormais vérifier la situation au cas par cas plutôt qu’appliquer un réflexe systématique.
La prudence reste de mise : en cas de doute sur la nécessité de la visite, l’organiser reste sans risque, alors que son omission dans un cas où elle est due engage la responsabilité de l’employeur au titre de son obligation de sécurité.
Comment organiser le suivi médical d’un nouveau salarié ?
Six étapes. La première conditionne tout le reste et doit intervenir bien avant l’arrivée du salarié.
- Adhérer à un service de prévention et de santé au travail — C’est un préalable, et l’adhésion figure parmi les formalités déclenchées par la déclaration préalable à l’embauche. Voir la DPAE.
- Déterminer si le poste relève d’un suivi individuel renforcé — Cette qualification s’appuie sur votre évaluation des risques. Voir le DUERP.
- Déclencher la demande dès la signature du contrat — Pour un poste à risques, l’examen conditionne l’affectation : le délai d’obtention doit être intégré au calendrier d’embauche.
- Informer le salarié de la date, du lieu et de l’objet — Le temps est du temps de travail et les frais sont à votre charge : dites-le, cela évite les malentendus.
- Conserver l’attestation ou l’avis délivré — C’est une pièce demandée en cas de contrôle. Voir ce qui est vérifié.
- Mettre en œuvre les préconisations éventuelles — Un aménagement préconisé et non mis en œuvre est le point faible le plus fréquent en cas de litige ultérieur.
Que risque un employeur qui n’organise pas la visite ?
L’absence d’organisation du suivi médical constitue un manquement à l’obligation de sécurité, sanctionné pénalement et susceptible d’ouvrir droit à des dommages et intérêts au profit du salarié, indépendamment de tout préjudice de santé avéré.
Le risque s’aggrave considérablement en cas d’accident : l’absence d’examen préalable sur un poste à risques est un élément qui pèse lourdement dans l’appréciation de la faute inexcusable de l’employeur.
À l’inverse, un suivi correctement organisé et documenté protège : il établit que l’employeur a satisfait à son obligation de prévention. C’est particulièrement vrai lorsque le salarié occupe un poste physique ou exposé — voir l’accueil d’un salarié qui parle peu français, où la transmission des consignes de sécurité est un enjeu propre.
Quelle articulation avec la visite médicale OFII ?
Ce sont deux examens distincts, et les confondre retarde des prises de poste. La visite d’information et de prévention, ou l’examen d’aptitude pour un poste à risques, relève du service de prévention et de santé au travail et s’impose à toute embauche.
La visite médicale organisée dans le cadre de la procédure d’introduction d’un travailleur étranger relève d’un autre cadre et poursuit un autre objet. Elle ne dispense pas du suivi de droit commun. Voir la procédure d’introduction OFII et le détail sur la visite médicale OFII côté employeur.
La règle pratique tient en une phrase : planifiez les deux, et identifiez laquelle conditionne l’affectation au poste. Sur un poste à risques, c’est l’examen d’aptitude du médecin du travail qui bloque la prise de fonction. Voir le délai total pour faire venir un salarié pour intégrer ces délais au calendrier, et recruter un travailleur étranger pour l’ensemble.
L’erreur la plus fréquente : découvrir le blocage la veille
À emporter
La checklist du suivi médical à l’embauche
À passer pour chaque recrutement, idéalement au moment de la signature du contrat.
- L’entreprise adhère à un service de prévention et de santé au travail
- La nature du suivi est déterminée — visite d’information et de prévention, ou suivi individuel renforcé.
- Pour un poste à risques, l’examen est planifié AVANT l’affectation
- La demande est envoyée dès la signature du contrat
- Le salarié est informé de la date, du lieu et de la prise en charge
- L’attestation ou l’avis est conservé au dossier
- Les préconisations d’aménagement sont mises en œuvre et tracées
- Le cas de la visite de reprise est vérifié au cas par cas — depuis les arrêts débutant le 15 juin 2026.
Vérifier à la source
Les barèmes et les textes évoluent. Ces liens mènent directement aux pages officielles qui font foi.
- La fiche du ministère du Travail sur la visite d’information et de prévention — objet, délai et professionnel compétent
- Les dispositions du code du travail sur le suivi individuel de l’état de santé — postes à risques, périodicité et visite de reprise
Questions fréquentes
Quelle visite médicale pour quel poste ?
Quels sont les délais et à la charge de qui ?
Qu’est-ce qui change pour la visite de reprise en 2026 ?
Comment organiser le suivi médical d’un nouveau salarié ?
Que risque un employeur qui n’organise pas la visite ?
À lire ensuite
Sources & transparence
- travail-emploi.gouv.fr — Ministère du Travail — règles applicables à l’emploi de travailleurs étrangers et au détachement(vérifié le 09/08/2026)
- Légifrance — Code du travail — texte en vigueur des articles du code du travail cités(vérifié le 10/08/2026)
- entreprendre.service-public.fr — Embaucher un salarié — formalités d’embauche (DPAE, contrat, visite médicale)(vérifié le 07/07/2026)
- URSSAF — Le contrôle Urssaf — déroulement du contrôle, pièces demandées, lettre d’observations et délais de réponse(vérifié le 10/08/2026)
- Unédic — Bonus-malus des contributions d’assurance chômage — secteurs concernés, taux de séparation médian et modulation de la contribution employeur(vérifié le 10/08/2026)
- Légifrance — article L5321-3 du Code du travail — gratuité obligatoire du placement pour la personne en recherche d’emploi(vérifié le 07/07/2026)
Page mise à jour le 10 août 2026 Pour toute évolution réglementaire postérieure, vérifiez les sources primaires officielles.
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