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Recruter un Britannique en France : deux régimes, une date charnière

Depuis le Brexit, tout dépend d’une date : le 31 décembre 2020. Un Britannique installé en France avant cette date relève de l’accord de retrait et conserve son droit au travail sans autorisation. Un Britannique arrivé après est un ressortissant de pays tiers comme un autre : vous devez obtenir une autorisation de travail avant l’embauche.

Tension
Deux régimes selon la date d’installation en France
Délai de recrutement
Immédiat (accord de retrait) ou 2 à 4 mois (autorisation de travail)
Déposer une offre gratuitementÊtre rappelé

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L’essentiel en un coup d’œil

Les cinq informations dont vous avez besoin avant de vous engager sur ce profil.

QuestionRéponse
Qui est concerné ?Ressortissant du Royaume-Uni, selon qu’il résidait en France avant ou après le 31 décembre 2020
Autorisation de travail nécessaire ?Non s’il détient un titre « accord de retrait » — Oui s’il est arrivé après, comme tout ressortissant de pays tiers
Titre ou document concernéTitre de séjour « accord de retrait » (article 50 TUE) ou carte « salarié » / « talent » de droit commun
Délai avant la prise de posteImmédiat avec un titre accord de retrait ; 2 à 4 mois pour une autorisation de travail
Le point de vigilanceLe passeport britannique ne dit rien du régime applicable : c’est le titre de séjour, ou son absence, qui tranche

Synthèse indicative : la situation individuelle du candidat prime toujours. Vérifiez le titre présenté et, en cas de doute, interrogez la préfecture avant l’embauche.

Un Britannique peut-il encore travailler librement en France ?

Cela dépend de sa date d’installation. Depuis la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, les ressortissants britanniques ne bénéficient plus de la libre circulation des travailleurs. La date charnière est le 31 décembre 2020, fin de la période de transition.

Les Britanniques qui résidaient en France avant cette date relèvent de l’accord de retrait : ils ont dû solliciter un titre de séjour spécifique, portant la mention relative à l’accord de retrait, qui préserve l’essentiel de leurs droits — dont le droit de travailler sans autorisation. Pour vous, employeur, ce titre vaut dispense : vous embauchez au droit commun, après vérification du document auprès de la préfecture.

Les Britanniques arrivés depuis sont des ressortissants de pays tiers, exactement comme un Marocain, un Indien ou un Brésilien. L’embauche suppose une autorisation de travail obtenue avant la prise de poste, puis un visa long séjour et un titre « salarié » ou « travailleur temporaire ». Le fait que la personne parle anglais, ait travaillé en France par le passé ou y possède un logement ne change rien au régime applicable.

Avant ou après 2021 : que devez-vous faire ?

Les deux situations, et la démarche exacte qui vous incombe dans chacune.

Situation du candidatRégime applicableCe que vous devez faire
Installé en France avant le 31 décembre 2020, titre « accord de retrait »Accord de retraitAucune autorisation. Vérification du titre, DPAE, embauche au droit commun
Arrivé après le 31 décembre 2020, recruté depuis le Royaume-UniRessortissant de pays tiersAutorisation de travail, visa long séjour, titre « salarié »
Profil hautement qualifié bien rémunéréCarte « talent » ou carte bleue européenneVoir la carte bleue européenne et le passeport talent
Détaché par une entreprise britannique pour une missionDétachement (prestation de service internationale)Déclaration SIPSI par l’entreprise d’origine — voir le détachement
Étudiant britannique en FranceTitre « étudiant »Activité accessoire dans la limite annuelle — voir embaucher un étudiant étranger

Un séjour touristique de courte durée sans visa ne confère aucun droit au travail : la dispense de visa court séjour concerne le tourisme et les affaires, pas l’exercice d’une activité salariée.

Comment recruter un Britannique depuis le Royaume-Uni ?

La procédure est celle de tout recrutement hors Union européenne, et elle commence par vous. Vous déposez la demande d’autorisation de travail en ligne sur la plateforme numérique du ministère de l’Intérieur, avec le contrat ou la promesse d’embauche, la description du poste et les justificatifs de votre entreprise.

Le point qui décide souvent de l’issue : la situation de l’emploi. Elle est en principe opposable — l’administration peut vous répondre qu’il existe des candidats disponibles en France. Elle ne l’est pas si le poste figure sur la liste régionale des métiers en tension, ou si le dossier relève d’un régime dérogatoire : carte bleue européenne pour un emploi hautement qualifié bien rémunéré, carte « talent » pour un profil qualifié.

Une fois l’autorisation accordée, le candidat sollicite son visa long séjour auprès du consulat, puis valide son titre à l’arrivée. Comptez les mêmes délais que pour tout pays tiers, et anticipez la taxe due par l’employeur lors de la première autorisation. Le détail du calendrier figure dans notre guide faire venir un salarié étranger : le calendrier réel.

Quelles vérifications faire sur un candidat britannique ?

Cinq contrôles, dans cet ordre, pour ne pas se tromper de régime :

  1. Demander le titre de séjour, pas seulement le passeport — un passeport britannique ne dit rien du droit au travail. C’est la présence — ou l’absence — d’un titre « accord de retrait » qui tranche.
  2. Lire la mention portée sur le titre — la référence à l’accord de retrait, la durée de validité et la mention relative à l’activité professionnelle.
  3. Faire la vérification préfectorale — la demande d’authentification au préfet, au moins deux jours ouvrables avant l’embauche.
  4. Si aucun titre : ouvrir une procédure d’autorisation de travail — et vérifier au passage si le métier est en tension dans votre région, ce qui lève l’opposabilité de la situation de l’emploi.
  5. Vérifier les conditions d’exercice du métier — diplômes, habilitations, équivalences : un diplôme britannique n’est plus un diplôme de l’Union. L’attestation de comparabilité ENIC-NARIC permet de le situer.

L’erreur fréquente : « il a toujours travaillé ici, donc c’est bon »

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  • La checklist des pièces du dossier, dans l’ordre
  • Le mémo des profils dispensés d’autorisation de travail
  • Les motifs de refus les plus fréquents, et comment les éviter

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Questions fréquentes

Un Britannique peut-il encore travailler librement en France ?
Seulement s’il résidait en France avant le 31 décembre 2020 et détient un titre de séjour délivré au titre de l’accord de retrait : ce titre préserve son droit de travailler sans autorisation. Un Britannique arrivé après cette date est un ressortissant de pays tiers et doit obtenir une autorisation de travail.
Avant ou après 2021 : que devez-vous faire ?
Avec un titre « accord de retrait », aucune autorisation : vérification du titre, DPAE et embauche au droit commun. Sans ce titre, il faut une autorisation de travail avant la prise de poste, puis un visa long séjour et une carte « salarié » ou « travailleur temporaire ».
Comment recruter un Britannique depuis le Royaume-Uni ?
L’employeur dépose la demande d’autorisation de travail en ligne sur la plateforme du ministère de l’Intérieur. La situation de l’emploi est en principe opposable, sauf si le métier figure sur la liste régionale des métiers en tension ou si le dossier relève de la carte bleue européenne ou de la carte « talent ».
Quelles vérifications faire sur un candidat britannique ?
Demander le titre de séjour et non le seul passeport, lire la mention relative à l’accord de retrait et à l’activité professionnelle, faire la vérification auprès du préfet avant l’embauche, ouvrir une procédure d’autorisation si aucun titre n’existe, et contrôler les conditions d’exercice du métier.
Un séjour sans visa permet-il de travailler quelques semaines ?
Non. La dispense de visa de court séjour couvre le tourisme et les déplacements d’affaires, pas l’exercice d’une activité salariée. Travailler sans autorisation, même quelques jours, relève de l’emploi d’étranger sans titre.
Un diplôme britannique est-il reconnu en France ?
Il n’est plus un diplôme de l’Union européenne et ne bénéficie donc plus du mécanisme de reconnaissance automatique entre États membres. L’attestation de comparabilité délivrée par le centre ENIC-NARIC France permet de le situer par rapport au système français.

Sources & transparence

Page mise à jour le 9 août 2026 — relue par Maître Crudo, Avocat au barreau d'Aix-en-Provence. Pour toute évolution réglementaire postérieure, vérifiez les sources primaires officielles.

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