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Travailler dans un autre pays d’Europe : les organismes qui peuvent vous aider
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5 organismes publics traitent la mobilité professionnelle dans les 31 pays de l’Espace économique européen, et chacun ne répond qu’à une question précise. Cette page dit lequel saisir, pour quoi, et — ce que personne n’écrit — lequel ne vous concerne pas si vous n’êtes pas citoyen de l’Union.
Inscription et candidatures 100 % gratuites.
Qui contacter quand un pays d’Europe bloque votre projet de travail ?
Quel organisme pour quel problème ?
Le tableau se lit par la colonne du milieu : l’organisme se choisit sur le problème, jamais sur le pays.
| Organisme | Ce qu’il traite | Ce qu’il ne fait pas |
|---|---|---|
| EURES (réseau européen de l’emploi) | Offres d’emploi dans 31 pays, conseil sur les conditions de vie et de travail, mise en relation avec un employeur européen | Ne délivre aucun titre de séjour, ne traite pas la mobilité depuis un pays hors UE/EEE |
| SOLVIT | Administration d’un pays de l’UE qui n’applique pas le droit européen à votre situation | Ne traite ni les litiges entre particuliers, ni les litiges avec un employeur privé, ni les dossiers déjà portés devant un tribunal |
| ENIC-NARIC | Comparaison de votre diplôme étranger avec le système éducatif du pays d’accueil | Ne délivre pas d’équivalence, n’ouvre pas l’accès à une profession réglementée |
| CLEISS | Sécurité sociale entre deux pays : retraite, maladie, allocations, détachement | Ne verse aucune prestation, ne se substitue ni à la caisse ni à l’employeur |
| Europe Direct | Question générale sur vos droits de citoyen européen, orientation vers le bon service | Ne traite pas de dossier individuel, n’instruit aucune demande |
Ces cinq services sont gratuits pour les particuliers. Aucun ne demande de paiement : un intermédiaire qui vous facture l’accès à l’un d’eux vous facture quelque chose qui est gratuit.
Qu’est-ce que le réseau EURES, et que peut-il vraiment pour vous ?
EURES est le réseau européen des services de l’emploi. Il couvre 31 pays — les 27 États membres de l’Union européenne, plus l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse — et s’appuie sur un réseau d’environ 1 000 conseillers. Son portail agrège en permanence plus de 5 millions d’offres d’emploi. En France, le point de contact national est France Travail.
Son fondement juridique est le règlement (UE) 2016/589 du 13 avril 2016. Ce texte prévoit à son article 42 que les services d’appui rendus aux demandeurs d’emploi sont gratuits — c’est une conséquence directe de la liberté de circulation, pas une faveur commerciale. Les services rendus aux employeurs peuvent, eux, être facturés selon le droit national.
Concrètement, un conseiller EURES vous aide à cibler les pays où votre métier recrute, à comprendre ce qui change dans un contrat de travail d’un pays à l’autre, et à préparer un entretien avec un employeur étranger. Il ne postule pas à votre place et il ne vous garantit aucun résultat. Si vous cherchez plutôt un emploi en France, l’essentiel se joue ailleurs : notre page sur les métiers en tension vous dira d’abord si votre métier fait partie de ceux qui manquent de bras.
Le réseau fonctionne aussi dans l’autre sens, et c’est utile à savoir quand on cherche : côté employeurs, le portail donne accès à plus de 800 000 CV, et les services rendus par les conseillers y sont eux aussi gratuits. La circulation reste pourtant faible — environ 3 % des Européens travaillent hors de leur pays d’origine. L’échange de ces offres et de ces profils entre pays obéit à des normes techniques communes, fixées par la décision d’exécution (UE) 2018/170 de la Commission du 2 février 2018 : c’est elle qui impose les classifications européennes des métiers, des lieux, des diplômes et des niveaux de langue. Un CV qui ne les renseigne pas circule mal.
Une limite doit être posée tout de suite, parce qu’elle décide de tout le reste : EURES est un dispositif intra-européen. Le réseau organise la mobilité des travailleurs à l’intérieur de l’Union et de l’Espace économique européen. Si vous résidez au Maroc, en Algérie, en Tunisie, en Égypte ou en Libye et que vous n’avez pas de nationalité européenne, EURES n’est pas votre canal.
Comment saisir SOLVIT, étape par étape ?
SOLVIT s’adresse aux citoyens et aux entreprises de l’Union confrontés à une administration publique d’un autre pays de l’UE qui n’applique pas correctement le droit européen. Le service est gratuit et se saisit en ligne.
- Vérifiez que votre problème entre bien dans le champ de SOLVIT — Il faut une administration publique — préfecture, caisse, service des impôts, université — et une règle européenne mal appliquée. Un désaccord avec un employeur privé, un litige entre particuliers ou une affaire déjà devant un tribunal sortent du périmètre.
- Rassemblez la trace écrite du refus — Décision, courrier, e-mail, capture du portail administratif : SOLVIT travaille sur des faits datés. Un récit sans pièce se traite mal.
- Déposez votre demande sur le formulaire en ligne de la Commission européenne — Vous décrivez la situation, l’administration concernée et ce que vous demandez. Le centre SOLVIT de votre pays de résidence prend le dossier et saisit le centre du pays où le blocage a lieu.
- Répondez vite aux demandes de pièces, et gardez une porte de sortie — SOLVIT est un mode de règlement amiable : il rappelle le droit à l’administration, il ne la condamne pas. Si le délai de recours contentieux court en parallèle, ne le laissez pas expirer en attendant une réponse.
Votre diplôme étranger est-il reconnu automatiquement en Europe ?
Non, et c’est la source de malentendu la plus coûteuse. Il n’existe pas de mécanisme de reconnaissance automatique des diplômes universitaires au niveau européen : chaque État membre reste maître de son système éducatif. Ce que délivrent les centres ENIC-NARIC est une attestation de comparabilité, qui situe votre diplôme par rapport au système du pays d’accueil. Ce n’est pas une équivalence, et ce n’est pas un droit d’exercer.
La distinction devient décisive pour les professions réglementées — santé, droit, enseignement, sécurité privée, une partie du bâtiment. Pour celles-là, l’attestation de comparabilité ne suffit jamais : il faut passer par l’autorité compétente du métier, qui a ses propres règles, ses propres délais et parfois ses propres épreuves. Notre page sur le niveau de français demandé détaille un autre prérequis souvent découvert trop tard.
Un conseil de méthode, valable dans tous les pays : demandez l’attestation avant de commencer à postuler, pas après une promesse d’embauche. Le délai se compte en semaines, parfois en mois, et un employeur qui attend ce papier finit souvent par recruter quelqu’un d’autre. Du côté employeur, c’est le même sujet vu de l’autre rive : nous l’avons documenté dans notre guide pour embaucher un ressortissant de l’UE.
Qui répond sur la retraite et l’assurance maladie entre deux pays ?
Le CLEISS — Centre des Liaisons Européennes et Internationales de Sécurité Sociale. C’est l’organisme français de référence sur la protection sociale dès qu’une situation traverse une frontière : travailleur qui part, salarié détaché, retraité qui a cotisé dans deux pays, indépendant qui intervient à l’étranger.
Le CLEISS informe et fait le lien entre les caisses ; il ne verse aucune prestation et ne décide pas à la place de votre caisse. Son utilité réelle est d’éviter les deux erreurs qui coûtent le plus cher : perdre des trimestres parce qu’on ignorait qu’une période étrangère comptait, et cotiser deux fois faute d’avoir su quel pays était compétent.
Pour une mobilité intra-européenne, la règle de principe est simple à retenir : on relève de la sécurité sociale d’un seul pays à la fois, en général celui où l’on travaille. Les cas particuliers — détachement, activité dans plusieurs États, travail frontalier — obéissent à des règles distinctes, et c’est précisément là que le CLEISS sert à quelque chose. Le versant employeur de ces règles est traité dans notre page sur le recrutement d’un travailleur étranger.
Et si vous n’êtes pas ressortissant de l’Union européenne ?
Comment ObjectiFrance se situe par rapport à ces organismes ?
ObjectiFrance n’est ni un service public ni un substitut à l’un de ces cinq organismes. Nous faisons une chose qu’aucun d’eux ne fait : constituer un dossier de candidature vérifié pièce par pièce et le transmettre à des employeurs français qui recrutent réellement. Au 20 septembre 2026, la plateforme expose 9 260 offres France Travail actives, et l’accompagnement que nous vendons n’achète jamais un accès ni une préférence, uniquement du temps humain.
Le bon réflexe est donc d’empiler les deux : ces organismes publics pour vos droits, une plateforme d’emploi pour votre dossier. Quand une question relève clairement de l’un d’eux — un diplôme, une caisse de retraite, une administration qui bloque — nous vous y renvoyons plutôt que d’improviser une réponse. C’est aussi ce que nous attendons d’eux dans l’autre sens : le point de départ reste le hub travailler en France.
Questions fréquentes
Qui contacter quand un pays d’Europe bloque votre projet de travail ?
Qu’est-ce que le réseau EURES, et que peut-il vraiment pour vous ?
Les services EURES sont-ils payants pour un demandeur d’emploi ?
Comment saisir SOLVIT, étape par étape ?
Votre diplôme étranger est-il reconnu automatiquement en Europe ?
Qui répond sur la retraite et l’assurance maladie entre deux pays ?
Et si vous n’êtes pas ressortissant de l’Union européenne ?
Comment ObjectiFrance se situe par rapport à ces organismes ?
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Sources & transparence
- EUR-Lex — règlement (UE) 2016/589 du 13 avril 2016 (réseau EURES) — article 42 (gratuité des services d’appui aux demandeurs d’emploi), article 7 (composition du réseau), article 11 (membres et partenaires)(vérifié le 20/09/2026)
- EUR-Lex — article 45 TFUE et règlement (UE) 492/2011 (libre circulation des travailleurs) — droit des citoyens de l’Union de travailler dans un autre État membre sans autorisation de travail ; exception des emplois relevant de l’autorité publique(vérifié le 20/09/2026)
- France Travail — EURES, la mobilité en Europe — réseau de 1 000 conseillers, 31 pays couverts, plus de 5 millions d’offres sur le portail(vérifié le 20/09/2026)
- France Travail — Recruter en Europe avec EURES (page employeur) — plus de 800 000 CV disponibles, gratuité des services EURES, environ 3 % des Européens travaillant hors de leur pays(vérifié le 20/09/2026)
- EUR-Lex — décision d’exécution (UE) 2018/170 de la Commission du 2 février 2018 — normes techniques et formats uniformes d’échange des offres d’emploi et des profils sur le portail EURES(vérifié le 20/09/2026)
- Commission européenne — SOLVIT — champ d’intervention : citoyens et entreprises de l’UE face à une administration publique d’un autre État membre qui n’applique pas le droit européen(vérifié le 20/09/2026)
- Your Europe — reconnaissance des diplômes universitaires — absence de mécanisme de reconnaissance automatique au niveau européen ; attestation de comparabilité délivrée par les centres ENIC-NARIC(vérifié le 20/09/2026)
- CLEISS — Centre des Liaisons Européennes et Internationales de Sécurité Sociale — information sur la protection sociale des personnes en situation de mobilité internationale(vérifié le 20/09/2026)
Page mise à jour le 1 octobre 2026 — relue le 20 septembre 2026 — relue par Maître Crudo, Avocat au barreau d'Aix-en-Provence. Pour toute évolution réglementaire postérieure, vérifiez les sources primaires officielles.