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Contrat saisonnier agricole pour un étranger : ce que l’employeur signe, doit et déclare

Un contrat saisonnier agricole pour un étranger, c’est un CDD à caractère saisonnier adossé à la carte de séjour « travailleur saisonnier » de l’article L. 421-34 du CESEDA : jusqu’à six mois de travail par période de douze mois, pendant trois ans, pour un salarié qui conserve sa résidence habituelle hors de France. Cette page détaille, côté employeur, le contrat, l’autorisation de travail, le logement, le salaire et la taxe — et ce qui change selon que le saisonnier vient du Maroc, d’Algérie ou de Tunisie.

Chiffres vérifiés le 11 septembre 2026 · relu par Maître Crudo, Avocat au barreau d'Aix-en-Provence.

de travail au maximum par période de 12 mois (art. L. 421-34 du CESEDA)
6 mois
de validité maximale de la carte « travailleur saisonnier »
3 ans
où « agriculteurs salariés » et « viticulteurs, arboriculteurs salariés » sont en tension (arrêté du 21 mai 2025)
13 régions
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Qu’est-ce qu’un contrat saisonnier agricole pour un étranger ?

C’est un contrat à durée déterminée à caractère saisonnier, conclu avec un ressortissant hors Union européenne qui vient en France pour la saison puis repart, et qui s’appuie sur la carte de séjour pluriannuelle « travailleur saisonnier » prévue à l’article L. 421-34 du CESEDA.

Trois conditions cumulatives définissent le dispositif. Le contrat doit être un CDD saisonnier : des tâches appelées à se répéter chaque année à la même période — vendanges, récolte des fruits, maraîchage, taille — et non un besoin permanent de l’exploitation. Le titre de séjour est la carte « travailleur saisonnier », valable jusqu’à trois ans, qui autorise à travailler six mois au maximum par période de douze mois. Le salarié conserve sa résidence habituelle hors de France.

Les conditions d’autorisation de travail propres aux saisonniers sont fixées aux articles R. 5221-24 et suivants du Code du travail. En pratique, c’est l’employeur qui porte la démarche : c’est lui qui dépose la demande d’autorisation de travail, qui s’engage sur le logement et qui règle la taxe employeur. Le salarié, lui, ne doit rien payer : l’article L5321-3 du code du travail interdit de facturer le placement à une personne en recherche d’emploi.

Le dispositif ne se confond ni avec l’introduction d’un salarié permanent en carte « salarié », ni avec la régularisation d’un ouvrier déjà présent en France. Pour la vue d’ensemble du secteur — MSA, TESA, conventions collectives —, partez de la page main-d’œuvre étrangère agricole.

Contrat saisonnier, salarié permanent, saisonnier européen : que choisir ?

Réponse courte : le contrat saisonnier pour un besoin qui revient chaque année quelques mois ; la carte « salarié » pour un poste permanent ; le saisonnier européen pour un renfort immédiat sans procédure.

SolutionDuréeTitre de séjourPour quel besoin
CDD saisonnier avec un ressortissant hors UEJusqu’à 6 mois par période de 12 mois ; carte valable jusqu’à 3 ansCarte de séjour pluriannuelle « travailleur saisonnier » (art. L. 421-34 du CESEDA)Campagne qui revient chaque année — vendanges, récoltes, maraîchage, taille — avec la même équipe d’une saison sur l’autre
Salarié permanent introduit depuis l’étrangerCDI ou CDD long, sans plafond saisonnierCarte « salarié » ou « travailleur temporaire » — voir le titre de séjour du salariéPoste à l’année sur l’exploitation : tractoriste, responsable d’élevage, chef de culture
Saisonnier ressortissant de l’Union européenneCelle du contrat, sans plafondAucun titre requis — voir embaucher un ressortissant UERenfort immédiat, sans autorisation de travail ni procédure OFII
Étranger déjà en France avec un titre autorisant à travaillerCelle du contratTitre en cours de validité, à vérifier avant l’embaucheRenfort de courte durée sans faire venir quelqu’un de l’étranger

Un besoin permanent habillé en contrat saisonnier est requalifiable et n’est pas couvert par la carte « travailleur saisonnier » : choisissez la solution qui correspond à la réalité du poste.

Comment recruter un saisonnier agricole étranger, étape par étape ?

En six étapes, dans l’ordre : contrat saisonnier, autorisation de travail, visa, OFII, logement, déclaration d’embauche. Comptez deux à quatre mois entre la première et la dernière — une campagne d’août se prépare au printemps.

  1. Rédiger l’offre et le contrat saisonnier — un CDD à caractère saisonnier qui précise la nature des travaux, la période, le terme (date précise, ou fin de la saison avec une durée minimale), la rémunération au moins égale au SMIC et à la convention collective, et les conditions de logement. Le cadre général du contrat est sur recruter un saisonnier.
  2. Déposer la demande d’autorisation de travail — en ligne, sur la plateforme du ministère de l’Intérieur (ANEF), instruite par le service de main-d’œuvre étrangère de la DREETS. Pour les familles agricoles inscrites sur la liste des métiers en tension de votre région, la situation de l’emploi n’est pas opposable. Les pièces sont récapitulées dans la checklist du dossier.
  3. Laisser le salarié demander son visa — une fois l’autorisation accordée, le salarié dépose sa demande de visa de long séjour au consulat de France de son pays de résidence ; la carte « travailleur saisonnier » lui est délivrée sur cette base.
  4. Suivre l’introduction OFII — l’OFII perçoit la taxe employeur, organise la visite médicale et suit l’arrivée du salarié. Le déroulé complet, du dépôt à la prise de poste, est sur la procédure d’introduction OFII.
  5. Justifier d’un logement décent — l’engagement figure au dossier et fait l’objet d’une vérification : sécurisez l’hébergement avant le dépôt, pas après. Les solutions concrètes sont sur loger un salarié recruté loin.
  6. Déclarer l’embauche et accueillir — déclaration préalable à l’embauche auprès de la MSA (ou TESA pour les contrats courts), registre du personnel, consignes de sécurité comprises — machines, produits phytosanitaires — et organisation du retour en fin de saison.

Combien de temps un saisonnier étranger peut-il travailler en France ?

Six mois au maximum par période de douze mois, pendant toute la durée de validité de la carte « travailleur saisonnier », qui peut atteindre trois ans. Ces six mois s’apprécient en cumulant tous les contrats de l’année, quel que soit le nombre d’employeurs.

Le plafond de six mois est celui de l’article L. 421-34 du CESEDA. Concrètement, un saisonnier peut enchaîner la taille au printemps chez vous, puis les vendanges chez un voisin, tant que le total sur douze mois reste dans la limite.

La durée de trois ans, elle, est celle de la carte : le salarié revient chaque saison sans refaire l’intégralité des démarches, et vous retrouvez une équipe déjà formée à vos parcelles. C’est la raison pour laquelle les exploitations organisées préparent la campagne N+1 dès la fin de la campagne N.

Deux limites. Au-delà de six mois de travail, le régime saisonnier ne s’applique plus : un besoin en réalité permanent relève d’une introduction en carte « salarié » — la distinction est détaillée sur la fiche du statut « travailleur saisonnier ». Et le salarié doit conserver sa résidence habituelle hors de France : celui qui s’installe à l’année sort du cadre du titre.

Quel salaire et quelles obligations pour l’employeur ?

Au moins le SMIC et les minima de la convention collective de la production agricole, un logement décent garanti, la taxe employeur à votre charge et la déclaration à la MSA. Aucune de ces obligations ne peut être répercutée sur le salarié.

Le salaire est contrôlé dès l’autorisation de travail : la DREETS vérifie que la rémunération est au moins égale au SMIC et conforme à la convention collective applicable. Les fiches ouvrier agricole et ouvrier viticole précisent ce qu’il faut proposer selon les postes. Les avantages en nature — logement, repas — sont encadrés et ne remplacent jamais le salaire minimum.

Le logement est la condition propre au régime saisonnier : l’employeur doit garantir au salarié un logement décent pendant la durée de son séjour — surface suffisante, sanitaires, eau, chauffage, sécurité électrique. Un hébergement collectif est admis mais contrôlé ; une caravane sans raccordement ou un bâtiment agricole non aménagé ne remplissent pas la condition et exposent, au-delà du refus du dossier, à des poursuites pour conditions d’hébergement contraires à la dignité.

La taxe employeur est due à la première autorisation de travail ; pour un saisonnier, elle est forfaitaire, calculée par mois d’activité. Le barème en vigueur est sur la taxe employeur d’un salarié étranger ; les articles L. 436-10 et suivants du CESEDA interdisent de la répercuter sur le salarié.

Enfin, les formalités sociales relèvent de la MSA, et non de l’URSSAF : déclaration préalable à l’embauche, cotisations, accidents du travail ; pour les contrats courts, le TESA regroupe déclaration, contrat et bulletin de paie. Le détail sectoriel est sur recruter dans l’agriculture et le saisonnier.

Faut-il passer par l’OFII pour un saisonnier marocain, algérien ou tunisien ?

À emporter

Dossier saisonnier agricole étranger : la checklist employeur

Les dix points que le service de main-d’œuvre étrangère, l’OFII et la MSA regarderont, dans l’ordre où vous devez les traiter.

  • Caractère saisonnier du poste établi — tâches qui se répètent chaque année à la même période, indépendamment de votre volonté — pas un besoin permanent.
  • Métier vérifié sur la liste régionale des métiers en tension — agriculteurs salariés, viticulteurs-arboriculteurs, maraîchers-horticulteurs, éleveurs : situation de l’emploi inopposable.
  • CDD saisonnier rédigé — nature des travaux, période, terme ou durée minimale, rémunération, conditions de logement.
  • Rémunération au moins égale au SMIC et à la convention collective — minima de la production agricole vérifiés ; avantages en nature encadrés, jamais substitués au salaire.
  • Logement décent identifié et justifié — justificatif joint au dossier ; hébergement collectif conforme aux normes de décence.
  • Demande d’autorisation de travail déposée sur la plateforme ANEF — deux à quatre mois avant la saison, pièces de la checklist réunies.
  • Employeur en règle — à jour de ses cotisations, sans travail dissimulé : la DREETS le vérifie.
  • Taxe employeur provisionnée — forfaitaire, par mois d’activité, pour un saisonnier ; jamais répercutée sur le salarié.
  • Visite médicale OFII et accueil organisés — rendez-vous, transport depuis l’aéroport, consignes de sécurité comprises.
  • Déclaration préalable à l’embauche MSA (ou TESA) et registre du personnel — avant la prise de poste, comme pour tout salarié agricole.

Vérifier à la source

Les barèmes et les textes évoluent. Ces liens mènent directement aux pages officielles qui font foi.

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Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un contrat saisonnier agricole pour un étranger ?
Un CDD à caractère saisonnier conclu avec un ressortissant hors Union européenne, adossé à la carte de séjour pluriannuelle « travailleur saisonnier » de l’article L. 421-34 du CESEDA. Le salarié travaille au plus six mois par période de douze mois, pendant trois ans, et conserve sa résidence habituelle hors de France.
Contrat saisonnier, salarié permanent, saisonnier européen : que choisir ?
Le contrat saisonnier pour une campagne qui revient chaque année quelques mois ; l’introduction en carte « salarié » pour un poste permanent ; un saisonnier européen, embauché sans autorisation ni procédure OFII, pour un renfort immédiat. Un besoin permanent déguisé en saison est requalifiable et n’est pas couvert par la carte « travailleur saisonnier ».
Comment recruter un saisonnier agricole étranger, étape par étape ?
Rédiger l’offre et le CDD saisonnier, déposer la demande d’autorisation de travail sur la plateforme ANEF, laisser le salarié demander son visa de long séjour, suivre l’introduction OFII (taxe, visite médicale), justifier d’un logement décent, puis déclarer l’embauche à la MSA et organiser l’accueil. Comptez deux à quatre mois.
Combien de temps un saisonnier étranger peut-il travailler en France ?
Six mois au maximum par période de douze mois, tous employeurs confondus, pendant la durée de validité de la carte « travailleur saisonnier », qui peut atteindre trois ans. Au-delà de six mois, le régime saisonnier ne s’applique plus ; le salarié doit par ailleurs conserver sa résidence habituelle hors de France.
Quel salaire et quelles obligations pour l’employeur ?
Une rémunération au moins égale au SMIC et aux minima de la convention collective de la production agricole, un logement décent garanti pendant le séjour, la taxe employeur — forfaitaire par mois d’activité pour un saisonnier — réglée à l’OFII et jamais répercutée sur le salarié, et les formalités sociales auprès de la MSA.
Faut-il passer par l’OFII pour un saisonnier marocain, algérien ou tunisien ?
Oui : l’introduction d’un salarié résidant hors de France passe par l’OFII dans les trois cas. Marocains et Tunisiens accèdent à la carte « travailleur saisonnier » de trois ans ; les Algériens relèvent de l’accord franco-algérien de 1968, qui ne prévoit pas ce titre — la saison passe alors par un certificat de résidence « salarié » ou par un dispositif ponctuel de l’OFII.

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Sources & transparence

Page mise à jour le 7 octobre 2026 — relue le 11 septembre 2026 — relue par Maître Crudo, Avocat au barreau d'Aix-en-Provence. Pour toute évolution réglementaire postérieure, vérifiez les sources primaires officielles.

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