Comment obtenir un contrat de travail en France quand on est étranger ?

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Un contrat de travail pour la France ne s’achète pas et ne se « réserve » pas : il se signe avec un employeur réel, qui dépose ensuite lui-même la demande d’autorisation de travail en ligne auprès de l’administration française. C’est cette autorisation, et non le contrat seul, qui ouvre le droit au visa. Le salaire doit être au moins égal au SMIC (12,31 € brut de l’heure depuis le 1er juin 2026, soit environ 1 867 € brut par mois pour 35 h) et au minimum de la convention collective. Toute personne qui vous vend un contrat commet une escroquerie.

Qui fait quoi dans un contrat de travail pour la France ?

La confusion la plus coûteuse est de croire qu’on obtient d’abord un contrat « pour le visa ». C’est l’inverse : le contrat vient d’un recrutement réel, et l’employeur porte la démarche administrative.

ActeurCe qu’il faitCe qu’il ne fait pas
Vous, candidatVous postulez, passez l’entretien, signez le contrat ou la promesse d’embauche, réunissez vos piècesVous ne déposez pas la demande d’autorisation de travail et ne payez jamais pour un contrat
L’employeur françaisIl recrute, signe, puis dépose la demande d’autorisation de travail sur la plateforme du ministère de l’IntérieurIl ne délivre ni visa ni titre de séjour
L’administration du travailElle instruit la demande : salaire, adéquation du poste, situation de l’emploiElle ne vous met pas en relation avec un employeur
Le consulat de FranceIl décide du visa long séjour après l’autorisation de travailIl ne juge pas de la qualité de l’offre d’emploi
L’OFIIVisite médicale et intégration, selon la procédure et le paysIl ne trouve pas d’emploi et ne délivre pas le visa

Le placement est <strong>gratuit pour le candidat</strong> en France : l’article L5321-3 du Code du travail interdit de vous facturer une mise en relation avec un employeur.

Quel type de contrat pour venir travailler en France ?

Tous les contrats n’ouvrent pas les mêmes droits ni les mêmes durées de séjour. Voici ce qui change concrètement pour vous.

ContratDuréeCe qu’il permetPoint de vigilance
CDISans termeLa voie la plus solide : titre « salarié », renouvellement plus simple, accès au logement et au crédit facilitéLa période d’essai reste une période de fragilité
CDD de 12 mois ou plus12 mois et plusTitre de séjour aligné sur la durée du contratLe renouvellement dépend de la suite donnée par l’employeur
CDD de moins de 12 moisDe 3 à 11 moisSéjour temporaire, adossé à la durée du contratPeu de marge si le chantier ou la saison s’arrête plus tôt
Contrat saisonnier3 à 6 mois par anTravail agricole ou touristique, renouvelable saison après saisonNe conduit pas mécaniquement à une installation durable — voir le saisonnier agricole
Mission d’intérimQuelques jours à 18 moisEntrée rapide dans un secteur en tensionL’employeur est l’agence, pas l’entreprise où vous travaillez
Jeune professionnel (accord bilatéral)12 à 18 moisDispositif dédié aux 18-35 ans, procédure allégéeContingent annuel limité — voir le statut jeune professionnel

Dans tous les cas, le salaire doit atteindre au minimum le SMIC et le minimum de la convention collective de la branche. Un contrat qui prévoit moins est refusé à l’instruction.

Les 6 étapes, du contrat au premier jour de travail

Dans cet ordre, sans raccourci possible :

  1. Trouver un employeur qui recrute réellement — Une offre datée, une entreprise identifiable par son numéro SIREN, un entretien : ce sont les trois signes qu’il y a un vrai poste derrière l’annonce.
  2. Signer le contrat ou la promesse d’embauche — Le document mentionne le poste, la rémunération, la durée du travail et la date de début envisagée. Il ne vaut pas encore autorisation de travailler.
  3. L’employeur dépose la demande d’autorisation de travail — En ligne, sur la plateforme du ministère de l’Intérieur. L’instruction porte sur le salaire, l’adéquation du poste et, hors métiers en tension, la situation de l’emploi.
  4. Obtenir la décision d’autorisation de travail — Comptez environ deux mois d’instruction. Sans elle, la demande de visa n’aboutira pas : c’est la pièce maîtresse du dossier.
  5. Déposer la demande de visa long séjour — Auprès du centre compétent de votre pays : TLScontact au Maroc et en Tunisie, Capago en Algérie. Le consulat décide.
  6. Valider votre séjour à l’arrivée en France — Validation du VLS-TS en ligne dans les trois mois, ou demande de certificat de résidence pour les Algériens, qui relèvent de l’accord de 1968.

Marocain, Algérien, Tunisien : qu’est-ce qui change ?

Trois nationalités, trois régimes juridiques distincts. C’est la source d’erreur la plus fréquente dans les dossiers.

NationalitéTexte applicableTitre obtenuOù déposer le visa
MarocaineDroit commun (CESEDA)VLS-TS « salarié », à valider en ligne dans les 3 moisTLScontact (7 centres)
AlgérienneAccord franco-algérien du 27 décembre 1968Certificat de résidence — pas de VLS-TSCapago (4 centres)
TunisienneAccord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié, accord de 2008VLS-TS « salarié », et statut jeune professionnel possibleTLScontact Tunis ou Sfax

Conséquence pratique pour les Algériens : le titre « salarié » relevant de l’accord de 1968, certains dispositifs de droit commun — dont l’admission au séjour au titre des métiers en tension — ne leur sont pas applicables. Voir <a href="/algerie/accord-franco-algerien-1968-explique">l’accord de 1968 expliqué</a>.

Un contrat de travail ne s’achète jamais

Que faire si vous n’avez pas encore d’employeur ?

C’est la situation de la grande majorité des candidats, et elle n’est pas bloquante : elle définit simplement l’ordre des priorités. Tant qu’aucun employeur n’a signé, aucune démarche de visa ne peut avancer — inutile de préparer un dossier consulaire. L’effort doit porter entièrement sur le recrutement.

Ciblez les métiers où la demande dépasse l’offre : BTP, agriculture saisonnière, restauration, transport routier, aide à la personne. Sur ces postes, l’employeur accepte plus volontiers la charge administrative parce qu’il ne trouve pas de candidat localement. La liste des métiers en tension de l’arrêté du 21 mai 2025 indique lesquels, région par région.

Soignez ce qui se vérifie : un CV au format français, des attestations d’expérience traduites, un niveau de français annoncé honnêtement, et une disponibilité réaliste. Notre page faut-il un diplôme pour travailler en France précise les métiers accessibles sans diplôme, et postuler reste gratuit ; un conseiller est en option.

Questions fréquentes

Comment obtenir un contrat de travail en France quand on est étranger ?
En étant recruté par un employeur français réel : vous postulez, passez l’entretien et signez. L’employeur dépose ensuite la demande d’autorisation de travail en ligne auprès de l’administration française. Un contrat ne s’achète pas et ne se réserve pas.
Qui fait quoi dans un contrat de travail pour la France ?
Vous signez ; l’employeur dépose la demande d’autorisation de travail ; l’administration du travail l’instruit ; le consulat décide du visa ; l’OFII gère la visite médicale et l’intégration. Aucun de ces acteurs ne vend de contrat.
Quel type de contrat pour venir travailler en France ?
Le CDI est la voie la plus solide. Un CDD de 12 mois ou plus aligne le titre de séjour sur la durée du contrat ; un CDD plus court, un contrat saisonnier de 3 à 6 mois ou une mission d’intérim ouvrent un séjour temporaire. Les 18-35 ans tunisiens peuvent aussi passer par le statut jeune professionnel.
Quel salaire minimum doit prévoir le contrat ?
Au moins le SMIC — 12,31 € brut de l’heure depuis le 1ᵉʳ juin 2026, soit environ 1 867 € brut par mois pour 35 heures — et au moins le minimum de la convention collective applicable. Un contrat prévoyant moins est refusé à l’instruction.
Combien de temps entre la signature du contrat et le départ ?
Comptez environ deux mois d’instruction pour l’autorisation de travail, puis le délai de rendez-vous et d’instruction du visa dans votre pays. En pratique, quatre à six mois entre la signature et le premier jour de travail.
Marocain, Algérien, Tunisien : qu’est-ce qui change ?
Les Marocains et Tunisiens relèvent du VLS-TS « salarié » à valider en ligne dans les trois mois. Les Algériens relèvent de l’accord du 27 décembre 1968 et obtiennent un certificat de résidence, pas un VLS-TS. Le centre de dépôt du visa diffère aussi : TLScontact au Maroc et en Tunisie, Capago en Algérie.
Peut-on acheter un contrat de travail pour le visa ?
Non, et toute proposition de ce type est une escroquerie. L’article L5321-3 du Code du travail interdit de facturer au candidat une opération de placement. Un contrat obtenu sans entretien ni employeur réel est un faux, et son usage compromet durablement vos demandes futures.
Que faire si l’on n’a pas encore d’employeur ?
Concentrer l’effort sur le recrutement, pas sur le dossier consulaire, qui ne peut pas avancer sans employeur. Visez les métiers en tension — BTP, agriculture, restauration, transport, aide à la personne — où les employeurs acceptent plus volontiers la charge administrative.

Sources & transparence

Page mise à jour le 7 octobre 2026 — relue le 19 août 2026 — relue par Maître Crudo, Avocat au barreau d'Aix-en-Provence. Pour toute évolution réglementaire postérieure, vérifiez les sources primaires officielles.