Pilier France · ObjectiFrance
CDD ou CDI : quel contrat pour maximiser vos chances de régularisation ?
Job offers, one at a time. No account needed.
Le CDI reste l'atout maître, mais le CDD n'est pas disqualifiant : pour la voie « métiers en tension » (L. 435-4), ce sont les 12 mois d'activité cumulée qui comptent — CDD compris — et pour la voie « circulaire » (L. 435-1), un CDD s'accepte selon sa durée et sa stabilité. La vraie différence se joue à l'arrivée : un CDI ouvre la carte « salarié », un CDD la carte « travailleur temporaire », aux droits moins étendus. Cette page détaille ce que chaque contrat vaut, fondement par fondement.
Inscription et candidatures 100 % gratuites.
Que vaut chaque type de contrat selon le fondement ?
Réponse directe : le même contrat n'a pas la même valeur selon la voie de régularisation choisie :
| Type de contrat | Voie L. 435-4 (métiers en tension) | Voie L. 435-1 (AES circulaire) |
|---|---|---|
| CDI à temps plein | Compte pleinement dans les 12 mois ; signal de stabilité maximal pour l'appréciation globale | Le dossier idéal : contrat pérenne + salaire au moins au SMIC |
| CDD long (6-12 mois ou plus) | Compte pleinement dans les 12 mois | Accepté en pratique, d'autant mieux qu'il est renouvelé ou s'inscrit dans une relation durable |
| CDD courts successifs / missions | Comptent en cumul : additionnez toutes les périodes travaillées sur 24 mois | Plus fragile isolément ; la continuité chez un même employeur ou dans un même secteur aide |
| Intérim | Compte en cumul — régime détaillé sur la page intérim | Recevable via l'agence, avec ses règles propres |
| Contrat saisonnier | Compte dans le cumul d'activité salariée | Attention : il conduit vers la carte « travailleur saisonnier », au régime spécifique |
Dans tous les cas, seule l'activité déclarée compte : bulletins de salaire à l'appui. L'appréciation finale du préfet demeure discrétionnaire (circulaire Retailleau du 23 janvier 2025). Vérifié le 30 juillet 2026.
Pourquoi le CDI pèse-t-il plus — et de combien ?
Aucun texte n'écrit « CDI obligatoire » : l'article L. 435-4 parle d'activité salariée de 12 mois sur 24, et la circulaire du 23 janvier 2025 vise le contrat de travail ou la promesse d'embauche sans imposer sa durée. Mais dans une décision discrétionnaire, le CDI raconte ce que le préfet veut lire : une insertion durable, des ressources stables, un employeur engagé. À dossier égal, il rassure ; à dossier fragile, il compense. C'est aussi lui qui conditionne le titre le plus protecteur à l'arrivée — la carte « salarié » — comme détaillé sur la carte de séjour après régularisation.
Faut-il pour autant refuser un CDD en attendant un hypothétique CDI ? Presque jamais : dans la voie L. 435-4, chaque mois travaillé et déclaré alimente le compteur des 12 mois — un CDD commencé aujourd'hui vaut mieux qu'un CDI promis dans six mois, surtout avec l'échéance du dispositif au 31 décembre 2026 rappelée sur déposer avant le 31 décembre 2026. La stratégie gagnante est séquentielle : accepter le CDD, engranger les bulletins, négocier la transformation en CDI au fil de la relation.
Carte « salarié » ou « travailleur temporaire » : ce que votre contrat décide pour après
La nature du contrat au moment de la délivrance détermine le titre : un CDI conduit à la carte « salarié », un CDD ou une mission à la carte « travailleur temporaire ». La différence n'est pas cosmétique : la carte salarié offre un cadre plus stable en cas de perte d'emploi — notamment un régime de renouvellement favorable au salarié involontairement privé d'emploi — quand la carte travailleur temporaire suit le sort du contrat qui l'a justifiée. Les conséquences concrètes d'un licenciement selon la carte détenue sont détaillées sur perte d'emploi après régularisation.
Ce paramètre mérite d'entrer dans la négociation avec l'employeur : passer le contrat en CDI avant la délivrance du titre change la carte obtenue, donc plusieurs années de sécurité juridique. Un employeur convaincu de vous garder n'a aucune raison sérieuse de refuser — les arguments pour l'amener à formaliser sont sur rassurer son employeur, et s'il refuse par principe, l'arbre de décision est sur employeur qui refuse de signer.
Les seuils et mentions du contrat qui comptent vraiment
Réponse directe : au-delà du type de contrat, quatre paramètres sont scrutés par l'instruction :
- L'intitulé exact du poste — Pour la voie métiers en tension, il doit correspondre à un intitulé de l'arrêté du 21 mai 2025 dans votre région — vérification ligne à ligne sur la liste des métiers en tension. L'intitulé doit refléter le travail réel, jamais l'inverse.
- La rémunération au moins équivalente au SMIC — Pour l'autorisation de travail, la rémunération de référence est le SMIC pour un temps plein (environ 1 800 € brut/mois en 2026). Les effets d'un temps partiel sont détaillés sur temps partiel et régularisation.
- La cohérence des dates et des mentions — Contrat, bulletins, attestations : mêmes dates, même poste, même employeur. Une divergence déclenche des vérifications — la check-list documentaire est sur attestation ou promesse.
- La déclaration effective (DPAE, bulletins) — Un contrat non suivi de déclarations sociales ne prouve rien : ce sont les bulletins et les déclarations de l'employeur qui matérialisent l'activité aux yeux de l'administration.
Cas pratiques : enchaîner les CDD, cumuler deux temps partiels, changer de contrat en cours de route
Enchaîner les CDD chez plusieurs employeurs n'est pas un handicap pour le L. 435-4 : le texte additionne les périodes d'activité salariée, quelle qu'en soit la forme — la clé est de conserver bulletins et certificats de travail de chaque mission, et de présenter une frise récapitulative dans le dossier (méthode sur le dossier de régularisation). Cumuler deux temps partiels fonctionne aussi : les heures s'additionnent pour apprécier la réalité de l'activité, avec les règles détaillées sur temps partiel et heures minimum.
Changer de contrat en cours d'instruction — CDD transformé en CDI, nouvel employeur — se signale spontanément et joue le plus souvent en votre faveur quand le nouveau contrat est plus stable : la marche à suivre est sur changer d'employeur pendant l'instruction. Enfin, le contrat saisonnier mène vers un régime spécifique (carte « travailleur saisonnier », séjours fractionnés) : si votre activité est en réalité permanente, faites requalifier le contrat plutôt que d'entrer dans un statut qui ne correspond pas à votre vie — le point sectoriel est sur régularisation en agriculture.
Faut-il refuser un CDD en attendant « mieux » ?
Questions fréquentes
Un CDD permet-il de se régulariser ?
Pourquoi le CDI pèse-t-il plus dans la décision ?
Quels seuils et mentions du contrat sont scrutés ?
Enchaîner des CDD chez plusieurs employeurs pose-t-il problème ?
Mon CDD devient un CDI en cours d'instruction : que faire ?
Faut-il refuser un CDD en attendant un CDI ?
À lire ensuite
Temps partiel : combien d'heures pour un dossier solide ?
Seuils de rémunération et cumul d'employeurs, en détail.
Intérim : faire compter les missions dans les 12 mois
Agence employeur, relevés de missions : le régime propre à l'intérim.
Carte salarié ou travailleur temporaire : le test du licenciement
Pourquoi le type de contrat au moment de la délivrance compte pour des années.
La régularisation par le travail : conditions complètes 2026
Les 12 mois de bulletins, quel que soit le contrat
La carte obtenue à l'arrivée : salarié ou travailleur temporaire
Sources & transparence
- CESEDA, article L. 435-4 — Légifrance — 12 mois d'activité salariée sur les 24 derniers mois, appréciés en cumul, sans condition de nature du contrat(vérifié le 30/07/2026)
- Circulaire du 23 janvier 2025 (NOR : INTK2435521J) — Légifrance — Critères de l'AES par le travail : contrat ou promesse d'embauche, appréciation de la stabilité de l'emploi(vérifié le 30/07/2026)
- Service-public.fr — Carte de séjour « salarié » ou « travailleur temporaire » — CDI → carte « salarié », CDD → carte « travailleur temporaire » : le contrat détermine le titre(vérifié le 30/07/2026)
- CESEDA, article L. 421-34 (carte « travailleur saisonnier ») — Légifrance — Régime spécifique du contrat saisonnier et de la carte associée(vérifié le 30/07/2026)
- Service-Public.fr — Montant du SMIC — SMIC de référence pour la rémunération exigée au titre de l'autorisation de travail(vérifié le 30/07/2026)
Page mise à jour le 7 octobre 2026 — relue le 30 juillet 2026 — relue par Maître Crudo, Avocat au barreau d'Aix-en-Provence. Pour toute évolution réglementaire postérieure, vérifiez les sources primaires officielles.